Lundi 14 janvier 2008
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TENNIS
«Je me sens bien»
Non, Roger Federer n’est plus malade. Oui, il est en forme. Et oui, il a faim de victoires, c’est le terme adéquat. Dimanche, à la veille des premiers échanges de l’Open d’Australie, il a tenu à rassurer lors de sa traditionnelle conférence de presse d’avant-tournoi.
Melbourne
Laurent Kleisl
Une bouchée de poulet a mis le monde du tennis à l’envers. «Le pire, c’est que je ne me souviens même pas en avoir mangé, sourit le No 1 mondial. Il y a dix jours, à mon arrivée en Australie, j’ai joué une heure à mon hôtel. C’était le vendredi, j’avais chaud, je me sentais fatigué. Le lendemain, mon ventre était bizarre et j’avais de la fièvre. A l’hôpital, les médecins ont diagnostiqué une intoxication alimentaire.»
Par prudence, Roger Federer a préféré faire l’impasse sur le tournoi exhibition de Kooyong, en fin de semaine dernière. Son traditionnel galop d’entraînement, il l’a laissé à Andy Roddick. L’Américain s’est mis en confiance, samedi, en battant le Chypriote Marcos Baghdatis en finale. «Je n’avais pas envie d’affronter la presse. Je voulais rester au calme, reprend-il. Au lieu de me produire devant des spectateurs, j’ai joué pour moi, à l’abri des regards.» Et au cœur d’un tournoi, un bout de volaille l’aurait-il arrêté? «J’aurais joué, sans doute…»
Comme avant le dernier Wimbledon, le Bâlois débarque dans un Grand Chelem sans la moindre préparation «officielle». Avant d’affronter demain l’Argentin Diego Hartfield (ATP 107), il a sué entre amis, avec Séverin Lüthi, avec Yves Allegro, avec Michael Lammer. Sa raquette, il l’agite à nouveau depuis mercredi. «On n’a pas besoin d’arbitres pour jouer à un bon niveau, lance-t-il. J’ai disputé pas mal de sets ces derniers jours. Je ne suis pas malade très souvent, mais je n’ai pas paniqué, car je savais que j’avais assez de temps pour bien préparer le tournoi.»
A un mystérieux morceau de poulet près, son chemin jusqu’à Melbourne, Federer le juge efficace. «J’ai pu profiter de beaucoup de temps libre. Il m’est déjà arrivé plusieurs fois de ne pas jouer pendant quatre à six semaines et d’enchaîner en jouant un bon tournoi.» Et la phrase tombe: «Physiquement, je me sens bien. Depuis quelques jours, je suis à nouveau à 100%. Avant d’arriver en Australie, je me suis entraîné très dur à Dubaï. J’ai construit une bonne base pour la suite. Et après une petit pause, mon tennis revient toujours vite.» Rafael Nadal, l’homme qu’il craint le plus à Melbourne, appréciera.
Le secret qui entourait l’état de santé du champion hantait les couloirs de la Rod Laver Arena. Car pour Federer, 2008 doit être l’année de tous les records. Roland-Garros, bien sûr, les Jeux olympiques à Pékin aussi. Surtout, il y a ce chiffre à atteindre, à dépasser, ce 14, comme le nombre de Grand Chelem remportés par Pete Sampras. «Rodger» en est à 12. «Cette année, je joue pour l’histoire. Que cela soit à Melbourne, à Paris ou ailleurs, chaque succès supplémentaire a la même valeur, il me rapproche de Pete.»
La 96e édition de l’Open d’Australie, le tournoi qui peut mettre Federer sur les rails de l’éternité. Vainqueur en 2004, 2006 et 2007, à Melbourne, il vise le hat-trick, une performance jamais réalisée depuis l’entrée dans l’ère open en 1969. Des records, Federer en a faim. Et ce n’est pas un morceau de poulet qui va l’arrêter. /LK
Un jeu qui ralentit
Depuis quelques années, la mode est à l’uniformisation des surfaces. Même à Wimbledon, la pelouse ne va plus aussi vite qu’avant. Alors, les courts australiens se sont mis à la page. Le Rebound Ace, revêtement officiel à Melbourne depuis 1988, a laissé sa place au Plexicushion. «La nouvelle surface est peut-être un peu trop lente à mon goût, remarque Federer. Aujourd’hui, les gens se plaignent que le tennis se joue trop depuis la ligne de fond de court. Cette année en Australie, on va encore le voir de plus en plus, surtout que ce revêtement glisse davantage.»
Selon les spécialistes, le Plexicushion souffre moins des températures caniculaires qui sévissent en janvier aux Antipodes. Le rebond, notamment, serait plus constant. «Selon moi, reprend le maître, il n’est pas bon de changer les surfaces des tournois du Grand Chelem. Imaginez Roland-Garros sans terre battue?» Parole d’un puriste féru d’histoire, au point de s’élever contre une rumeur qui enfle dans le milieu: Shanghai et Madrid serait sur les rangs pour accueillir un Grand Chelem… «Pour organiser ce type de tournoi, il faut avoir une histoire derrière soi. Et l’histoire est ici, en Australie. Il peut y avoir du changement dans le tennis, mais les Grand Chelem doivent rester là où ils sont.» Le maître a parlé. /lk
Aux Antipodes
Inflation galopante Depuis 2001, l’Open d’Australie garantit un «prize-money» égal pour les tableaux masculin et féminin. Cette année, les vainqueurs des simples deviendront plus riches de 1 370 000 dollars australiens, soit presque l’équivalent en francs. En 1969, l’Australien Rod Laver avait touché… 5000 dollars pour son troisième titre chez lui, celui qui allait ouvrir l’année de son deuxième Grand Chelem.
Les Suisses en lice Patty Schnyder (tête de série No 15) passe en troisième sur le court No 3, c’est-à-dire en fin de nuit en Suisse. En face, l’Américaine Lilia Osterloh, No 91 à la WTA. Stanislas Wawrinka (No 26) embarque au petit matin sur le court No 3 pour un périlleux premier tour face au Français Julien Benneteau (ATP 65). L’affiche du jour? Sans doute l’affrontement entre l’Anglais Andy Murray et le Français Jo-Wilfried Tsonga.
La phrase Questionné sur la préparation limitée de Roger Federer, Novak Djokovic (ATP 3) a eu cette réponse: «Roger prouve depuis quatre ans qu’il est le meilleur. Mais est-il nécessaire de toujours parler de lui?» /lk
«Je me sens bien»
Non, Roger Federer n’est plus malade. Oui, il est en forme. Et oui, il a faim de victoires, c’est le terme adéquat. Dimanche, à la veille des premiers échanges de l’Open d’Australie, il a tenu à rassurer lors de sa traditionnelle conférence de presse d’avant-tournoi.
Melbourne
Laurent Kleisl
Une bouchée de poulet a mis le monde du tennis à l’envers. «Le pire, c’est que je ne me souviens même pas en avoir mangé, sourit le No 1 mondial. Il y a dix jours, à mon arrivée en Australie, j’ai joué une heure à mon hôtel. C’était le vendredi, j’avais chaud, je me sentais fatigué. Le lendemain, mon ventre était bizarre et j’avais de la fièvre. A l’hôpital, les médecins ont diagnostiqué une intoxication alimentaire.»
Par prudence, Roger Federer a préféré faire l’impasse sur le tournoi exhibition de Kooyong, en fin de semaine dernière. Son traditionnel galop d’entraînement, il l’a laissé à Andy Roddick. L’Américain s’est mis en confiance, samedi, en battant le Chypriote Marcos Baghdatis en finale. «Je n’avais pas envie d’affronter la presse. Je voulais rester au calme, reprend-il. Au lieu de me produire devant des spectateurs, j’ai joué pour moi, à l’abri des regards.» Et au cœur d’un tournoi, un bout de volaille l’aurait-il arrêté? «J’aurais joué, sans doute…»
Comme avant le dernier Wimbledon, le Bâlois débarque dans un Grand Chelem sans la moindre préparation «officielle». Avant d’affronter demain l’Argentin Diego Hartfield (ATP 107), il a sué entre amis, avec Séverin Lüthi, avec Yves Allegro, avec Michael Lammer. Sa raquette, il l’agite à nouveau depuis mercredi. «On n’a pas besoin d’arbitres pour jouer à un bon niveau, lance-t-il. J’ai disputé pas mal de sets ces derniers jours. Je ne suis pas malade très souvent, mais je n’ai pas paniqué, car je savais que j’avais assez de temps pour bien préparer le tournoi.»
A un mystérieux morceau de poulet près, son chemin jusqu’à Melbourne, Federer le juge efficace. «J’ai pu profiter de beaucoup de temps libre. Il m’est déjà arrivé plusieurs fois de ne pas jouer pendant quatre à six semaines et d’enchaîner en jouant un bon tournoi.» Et la phrase tombe: «Physiquement, je me sens bien. Depuis quelques jours, je suis à nouveau à 100%. Avant d’arriver en Australie, je me suis entraîné très dur à Dubaï. J’ai construit une bonne base pour la suite. Et après une petit pause, mon tennis revient toujours vite.» Rafael Nadal, l’homme qu’il craint le plus à Melbourne, appréciera.
Le secret qui entourait l’état de santé du champion hantait les couloirs de la Rod Laver Arena. Car pour Federer, 2008 doit être l’année de tous les records. Roland-Garros, bien sûr, les Jeux olympiques à Pékin aussi. Surtout, il y a ce chiffre à atteindre, à dépasser, ce 14, comme le nombre de Grand Chelem remportés par Pete Sampras. «Rodger» en est à 12. «Cette année, je joue pour l’histoire. Que cela soit à Melbourne, à Paris ou ailleurs, chaque succès supplémentaire a la même valeur, il me rapproche de Pete.»
La 96e édition de l’Open d’Australie, le tournoi qui peut mettre Federer sur les rails de l’éternité. Vainqueur en 2004, 2006 et 2007, à Melbourne, il vise le hat-trick, une performance jamais réalisée depuis l’entrée dans l’ère open en 1969. Des records, Federer en a faim. Et ce n’est pas un morceau de poulet qui va l’arrêter. /LK
Un jeu qui ralentit
Depuis quelques années, la mode est à l’uniformisation des surfaces. Même à Wimbledon, la pelouse ne va plus aussi vite qu’avant. Alors, les courts australiens se sont mis à la page. Le Rebound Ace, revêtement officiel à Melbourne depuis 1988, a laissé sa place au Plexicushion. «La nouvelle surface est peut-être un peu trop lente à mon goût, remarque Federer. Aujourd’hui, les gens se plaignent que le tennis se joue trop depuis la ligne de fond de court. Cette année en Australie, on va encore le voir de plus en plus, surtout que ce revêtement glisse davantage.»
Selon les spécialistes, le Plexicushion souffre moins des températures caniculaires qui sévissent en janvier aux Antipodes. Le rebond, notamment, serait plus constant. «Selon moi, reprend le maître, il n’est pas bon de changer les surfaces des tournois du Grand Chelem. Imaginez Roland-Garros sans terre battue?» Parole d’un puriste féru d’histoire, au point de s’élever contre une rumeur qui enfle dans le milieu: Shanghai et Madrid serait sur les rangs pour accueillir un Grand Chelem… «Pour organiser ce type de tournoi, il faut avoir une histoire derrière soi. Et l’histoire est ici, en Australie. Il peut y avoir du changement dans le tennis, mais les Grand Chelem doivent rester là où ils sont.» Le maître a parlé. /lk
Aux Antipodes
Inflation galopante Depuis 2001, l’Open d’Australie garantit un «prize-money» égal pour les tableaux masculin et féminin. Cette année, les vainqueurs des simples deviendront plus riches de 1 370 000 dollars australiens, soit presque l’équivalent en francs. En 1969, l’Australien Rod Laver avait touché… 5000 dollars pour son troisième titre chez lui, celui qui allait ouvrir l’année de son deuxième Grand Chelem.
Les Suisses en lice Patty Schnyder (tête de série No 15) passe en troisième sur le court No 3, c’est-à-dire en fin de nuit en Suisse. En face, l’Américaine Lilia Osterloh, No 91 à la WTA. Stanislas Wawrinka (No 26) embarque au petit matin sur le court No 3 pour un périlleux premier tour face au Français Julien Benneteau (ATP 65). L’affiche du jour? Sans doute l’affrontement entre l’Anglais Andy Murray et le Français Jo-Wilfried Tsonga.
La phrase Questionné sur la préparation limitée de Roger Federer, Novak Djokovic (ATP 3) a eu cette réponse: «Roger prouve depuis quatre ans qu’il est le meilleur. Mais est-il nécessaire de toujours parler de lui?» /lk
Par Laurent Kleisl
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Publié dans : Australian Open 2008
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