Mardi 29 janvier 2008
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TENNIS
«Djokovic? Un futur No 1 mondial»
Novak Djokovic regarde son trophée avec les yeux d’un enfant: «Mon nom sera gravé sur la coupe…» En remportant dimanche à Melbourne son premier titre en Grand Chelem, il bouscule une hiérarchie installée depuis trois ans. Le camp français applaudit la «perf» du Serbe.
Melbourne
Laurent Kleisl
Un à un, les projecteurs de la Rod Laver Arena s’éteignent. La scène est démontée, le rideau tiré: l’Australie connaît son roi. Novak Djokovic, c’est le troisième homme, celui qui depuis une année vit dans l’ombre de Roger Federer et Rafael Nadal. «S’il continue à progresser ainsi, Djokovic est capable de passer les deux qui sont encore devant lui. Jo-Wilfried Tsonga est tombé sur un futur No 1 mondial!» De Christian Bîmes, président de la Fédération française de tennis (FFT) et big boss de Roland-Garros. Bon résumé.
Dans la famille tricolore, le revers de «Jo» a été aisé à avaler. Tsonga, 22 ans, a répondu. Il a balancé ses «placards». «Novak était un peu au-dessus, remarque Cédric Pioline, responsable du haut niveau masculin à la FFT. Par manque d’expérience, Jo n’a pas su répondre quand Djokovic a élevé son niveau. Un temps, son esprit a même quitté le match.» Dimanche, le Français a appris ce que le Serbe a compris l’été dernier, à l’US Open, lors de sa finale perdue contre Federer. «La concentration! Pour gagner, elle doit être permanente», affirme «Nole».
La présence de Tsonga en finale a confirmé la spécificité du Grand Chelem australien, un tournoi qui choie ses surprises. L’aventure du Serbe était plus prévisible. A 20 ans, il présente un palmarès plus fourni que Federer au même âge. «Djokovic est régulier au sommet depuis quelques mois, reprend Pioline. Il est intelligent, la qualité de son tennis m’impressionne. Mais c’est son esprit de guerrier qui va l’amener le plus loin. Novak a les capacités de bousculer l’ordre établi. Cela fait un moment qu’il pousse, qu’il est à la porte. Aujourd’hui, il bat régulièrement Federer.»
La chute de «Rodger», en demi-finales, fera jaser encore quelques semaines. Bien que la hiérarchie mondiale sorte indemne de la mini-révolution australienne, jusqu’au retour du maître début mars au tournoi de Dubaï, la planète tennis va s’interroger. «Il ne faut pas attendre de grands changements dans l’immédiat. Par contre, le titre de Djokovic va pimenter la saison», coupe Pioline, finaliste à Wimbledon en 1997 et de l’US Open en 1993.
En Australie, la chute du No 1 mondial a été décrite comme l’amorce d’un déclin, comme un tournant. Des termes forts. «C’est prématuré, rétorque Pioline. Federer a joué toutes les finales de Grand Chelem depuis trois ans, c’est normal que les gens s’interrogent au moindre faux-pas. Le printemps dernier, à Indian Wells et Miami, quand Roger a perdu deux fois contre Guillermo Canas, tout le monde parlait déjà de la fin. Dans l’enchaînement, il a remporté Wimbledon, l’US Open et a confirmé sa place de No 1 mondial. Il faut relativiser et avoir le respect de son palmarès.»
Le palmarès de Tsonga, lui, est encore vierge. Les préoccupations du Franco-Congolais sont loin des jeux de pouvoir de Novak, Roger et «Rafa». «Mais on est appelé à le revoir rapidement au plus haut niveau», lâche Guy Forget, capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. Maintenant, «Jo» devra gérer. Sa meilleure arme? La lucidité. /LK
«Complètement fan!»
Ils ont traversé le monde pour soutenir leur «Jo». Vingt-quatre heures d’avion pour 3h06 de tennis. «Pour moi, c’était très important que mes parents soient présents à la finale, relève Jo-Wilfried Tsonga. Me voir jouer à ce niveau, c’était le rêve de mon père.» Partis de Paris samedi, Evelyne et Didier Tsonga ont débarqué à Melbourne dimanche au matin australien. Accueil d’usage, mondanités, la finale et ils ont pris hier le vol retour, loin des «spotlights» de la Rod Laver Arena. «Tout cela est irréel, nous sommes dans une bulle, sourit Evelyne. Dimanche matin, quand Jo nous a reçus à son hôtel, je me sentais gênée. Je ne voulais pas bousculer l’univers qui l’a amené en finale. Mais il était tellement heureux de nous voir. Jo s’est si souvent retrouvé seul sur des tournois, on ne pouvait pas manquer un tournant aussi évident dans sa carrière.»
Leur «Jo» ne sera plus jamais le même. L’Open d’Australie 2008 va marquer son parcours d’athlète et sa vie d’être humain. «Il est passé du côté des adultes, poursuit-elle. Sur le court, il dégage beaucoup de sérénité et d’autorité.» La finale, bien sûr, elle l’a vue avec ses yeux de mamans. «Je suis complètement fan! Les gens qui suivent Jo depuis des années ne sont pas surpris de son parcours. On savait qu’il était un champion.» La confirmation, c’est le pari qui attend maintenant le nouveau No 18 mondial. Maman tempère: «Il ne faut pas trop lui en demander. Ce qu’il a réalisé en un mois est déjà fantastique.» /lk
«Djokovic? Un futur No 1 mondial»
Novak Djokovic regarde son trophée avec les yeux d’un enfant: «Mon nom sera gravé sur la coupe…» En remportant dimanche à Melbourne son premier titre en Grand Chelem, il bouscule une hiérarchie installée depuis trois ans. Le camp français applaudit la «perf» du Serbe.
Melbourne
Laurent Kleisl
Un à un, les projecteurs de la Rod Laver Arena s’éteignent. La scène est démontée, le rideau tiré: l’Australie connaît son roi. Novak Djokovic, c’est le troisième homme, celui qui depuis une année vit dans l’ombre de Roger Federer et Rafael Nadal. «S’il continue à progresser ainsi, Djokovic est capable de passer les deux qui sont encore devant lui. Jo-Wilfried Tsonga est tombé sur un futur No 1 mondial!» De Christian Bîmes, président de la Fédération française de tennis (FFT) et big boss de Roland-Garros. Bon résumé.
Dans la famille tricolore, le revers de «Jo» a été aisé à avaler. Tsonga, 22 ans, a répondu. Il a balancé ses «placards». «Novak était un peu au-dessus, remarque Cédric Pioline, responsable du haut niveau masculin à la FFT. Par manque d’expérience, Jo n’a pas su répondre quand Djokovic a élevé son niveau. Un temps, son esprit a même quitté le match.» Dimanche, le Français a appris ce que le Serbe a compris l’été dernier, à l’US Open, lors de sa finale perdue contre Federer. «La concentration! Pour gagner, elle doit être permanente», affirme «Nole».
La présence de Tsonga en finale a confirmé la spécificité du Grand Chelem australien, un tournoi qui choie ses surprises. L’aventure du Serbe était plus prévisible. A 20 ans, il présente un palmarès plus fourni que Federer au même âge. «Djokovic est régulier au sommet depuis quelques mois, reprend Pioline. Il est intelligent, la qualité de son tennis m’impressionne. Mais c’est son esprit de guerrier qui va l’amener le plus loin. Novak a les capacités de bousculer l’ordre établi. Cela fait un moment qu’il pousse, qu’il est à la porte. Aujourd’hui, il bat régulièrement Federer.»
La chute de «Rodger», en demi-finales, fera jaser encore quelques semaines. Bien que la hiérarchie mondiale sorte indemne de la mini-révolution australienne, jusqu’au retour du maître début mars au tournoi de Dubaï, la planète tennis va s’interroger. «Il ne faut pas attendre de grands changements dans l’immédiat. Par contre, le titre de Djokovic va pimenter la saison», coupe Pioline, finaliste à Wimbledon en 1997 et de l’US Open en 1993.
En Australie, la chute du No 1 mondial a été décrite comme l’amorce d’un déclin, comme un tournant. Des termes forts. «C’est prématuré, rétorque Pioline. Federer a joué toutes les finales de Grand Chelem depuis trois ans, c’est normal que les gens s’interrogent au moindre faux-pas. Le printemps dernier, à Indian Wells et Miami, quand Roger a perdu deux fois contre Guillermo Canas, tout le monde parlait déjà de la fin. Dans l’enchaînement, il a remporté Wimbledon, l’US Open et a confirmé sa place de No 1 mondial. Il faut relativiser et avoir le respect de son palmarès.»
Le palmarès de Tsonga, lui, est encore vierge. Les préoccupations du Franco-Congolais sont loin des jeux de pouvoir de Novak, Roger et «Rafa». «Mais on est appelé à le revoir rapidement au plus haut niveau», lâche Guy Forget, capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. Maintenant, «Jo» devra gérer. Sa meilleure arme? La lucidité. /LK
«Complètement fan!»
Ils ont traversé le monde pour soutenir leur «Jo». Vingt-quatre heures d’avion pour 3h06 de tennis. «Pour moi, c’était très important que mes parents soient présents à la finale, relève Jo-Wilfried Tsonga. Me voir jouer à ce niveau, c’était le rêve de mon père.» Partis de Paris samedi, Evelyne et Didier Tsonga ont débarqué à Melbourne dimanche au matin australien. Accueil d’usage, mondanités, la finale et ils ont pris hier le vol retour, loin des «spotlights» de la Rod Laver Arena. «Tout cela est irréel, nous sommes dans une bulle, sourit Evelyne. Dimanche matin, quand Jo nous a reçus à son hôtel, je me sentais gênée. Je ne voulais pas bousculer l’univers qui l’a amené en finale. Mais il était tellement heureux de nous voir. Jo s’est si souvent retrouvé seul sur des tournois, on ne pouvait pas manquer un tournant aussi évident dans sa carrière.»
Leur «Jo» ne sera plus jamais le même. L’Open d’Australie 2008 va marquer son parcours d’athlète et sa vie d’être humain. «Il est passé du côté des adultes, poursuit-elle. Sur le court, il dégage beaucoup de sérénité et d’autorité.» La finale, bien sûr, elle l’a vue avec ses yeux de mamans. «Je suis complètement fan! Les gens qui suivent Jo depuis des années ne sont pas surpris de son parcours. On savait qu’il était un champion.» La confirmation, c’est le pari qui attend maintenant le nouveau No 18 mondial. Maman tempère: «Il ne faut pas trop lui en demander. Ce qu’il a réalisé en un mois est déjà fantastique.» /lk
Par Laurent Kleisl
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Publié dans : Australian Open 2008
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