Samedi 23 décembre 2006
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HOCKEY SUR GLACE | A côté de la Coupe Spengler, la LNB veut aussi sa part du gâteau
Les stakhanovistes des glaces
C’est une première. Entre Noël et Nouvel-An, la LNB va poursuivre ses activités. Dans une ligue en majorité habitée par des semi-professionnels, cet essai ne fait pas du tout rigoler. Le succès de la Coupe Spengler semble faire des envieux.
Laurent Kleisl
D’ordinaire, en période de Fêtes, le hockeyeur moyen n’a qu’un objectif: se reposer. C’était avant que le HC Bienne ne lance une idée très simple. Entre Noël et Nouvel-An, le hockey connaît un énorme succès populaire. Dès lors, pourquoi ne pas en profiter? «L’objectif est de redynamiser le championnat de LNB, explique Daniel Villard, manager du club seelandais et initiateur du projet. Il y a un intérêt énorme pour la Coupe Spengler. Souvent, les gens ont congé, ils ont davantage de temps à consacrer à leurs loisirs. Mais peut-être que cette expérience sera un flop.»
Si les résultats sont concluants, l’opération sera reconduite la saison prochaine. «De toute manière, poursuit Daniel Villard, les équipes organisent souvent des matches amicaux durant cette période.» Sans oublier que même en absence de championnat, le cérémonial des entraînements ne s’arrêtait pas pour autant. Bien au contraire!
«Un appel au dopage»
Pourtant, entre autres problèmes d’organisation – de nombreux bénévoles sont en vacances à cette période de l’année –, cette mesure semble faire l’unanimité contre elle. «Nous avons expliqué à nos joueurs que pour leur payer de bons salaires, nous devions étudier toutes les possibilités de trouver de nouvelles ressources financières», relève Gérold Cina, directeur sportif du HC Sierre. Voilà pour la forme. Et sur le fond? «Je sais que ce n’est pas une bonne idée. En LNB, les joueurs sont souvent semi-professionnels. Cette semaine sans compétition était importante pour eux. Le calendrier est déjà assez chargé comme ça.» D’autant plus que, depuis peu, la LNB ne cesse plus ses activités durant les pauses dévolues aux équipes nationales.
Pour vivre, le joueur de 2e division doit compléter son salaire par une activité annexe. Juste pour souffler, pour se refaire, la trêve de Noël devenait un instant sacré de la saison, loin de la pression du championnat. «Pour assumer le rythme qui leur est imposé, avec cinq matches entre le 23 décembre et le 2 janvier, certains de mes gars ont dû poser des vacances à leur travail, s’insurge Dany Gélinas, l’entraîneur du HC Ajoie. Aujourd’hui, un hockeyeur de LNB n’a plus le droit d’être blessé, il n’a plus le droit de récupérer. La Ligue doit épauler les joueurs et non pas les pousser au dopage!»
«Un manque de respect»
Ailier du premier bloc du HC La Chaux-de-Fonds, Steve Pochon (28 ans) va plus loin. A son sens, l’attitude des dirigeants de LNB est irresponsable, voire insultante. «C’est un manque total de respect envers les joueurs, lâche-t-il. Ceux qui décident se moquent de nous! En moyenne, un hockeyeur de LNB gagne autour de 45 000 fr. par saison. Beaucoup d’entre nous travaillent à côté du hockey. On nous rémunère comme des semi-pros en nous imposant un calendrier plus astreignant que celui de la LNA. Non, ce n’est pas correct. A La Chaux-de-Fonds, nous avons même un entraînement le 25 décembre à midi...»
Indirectement, l’initiative du HC Bienne pose la question de l’avenir de la LNB. Les dirigeants de club n’acceptent pas le statu quo tout en évitant soigneusement les remises en question trop brutales. «Il faut savoir à quel projet on veut identifier la LNB, lance Dany Gélinas. Ces matches entre les Fêtes, c’est le meilleur moyen de tout faire à l’envers.»
Le fossé entre les clubs et leurs employés a rarement été aussi béant. Les vues et les objectifs de chacun paraissent de plus en plus opposés. «On commence la saison en short et, pour la majeure partie des équipes, on la termine mi-février, quand il y a un mètre de neige et quand tout le monde a envie de voir du hockey, peste Steve Pochon. Non, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.»
Bien dit. L. K.
Concurrencer la Coupe Spengler
Sympa, Fredi Pargätzi! Pour un peu, le grand boss de la Coupe Spengler irait même jusqu’à applaudir l’initiative controversée des clubs de 2e division. «Je comprends tout à fait la démarche de la LNB, confie le président d’organisation du tournoi davosien. Il n’est pas concevable que l’ensemble du hockey suisse doive s’arrêter entre les Fêtes uniquement à cause de la Coupe Spengler.»
En homme d’affaire avisé, Fredi Pargätzi est même prêt à partager le gâteau. «Dans un certain sens, poursuit-il, la LNB se pose évidemment comme un concurrent. Mais je prends sa présence comme un défi à relever. Nous devrons essayer d’être toujours aussi attractifs, notamment aux yeux des médias de Suisse romande, pour promouvoir notre tournoi.»
C’est la tradition, la Coupe Spengler est un lieu de rencontres privilégié entre supporters, presque un instant de communion. Avec des matches de Sierre, La Chaux-de-Fonds, Bienne et tous les autres, les fous de hockey devront bien choisir leur camp. Après des années de progression, le tournoi davosien connaîtra-t-il une légère érosion de sa fréquentation? «C’est envisageable, reprend Fredi Pargätzi. Et si cela devait effectivement se passer ainsi, nous le regretterions. Les fans de Suisse romande amènent une couleur et une ambiance très particulières au tournoi.»
Même avec une LNA en vacances, le marché du hockey national reste étroit et n’est pas extensible à l’infini. Bon, de là à ce que le LNB fasse de l’ombre à la Coupe Spengler, il y a un pas que l’on évitera de franchir. L. K.
Les stakhanovistes des glaces
C’est une première. Entre Noël et Nouvel-An, la LNB va poursuivre ses activités. Dans une ligue en majorité habitée par des semi-professionnels, cet essai ne fait pas du tout rigoler. Le succès de la Coupe Spengler semble faire des envieux.
Laurent Kleisl
D’ordinaire, en période de Fêtes, le hockeyeur moyen n’a qu’un objectif: se reposer. C’était avant que le HC Bienne ne lance une idée très simple. Entre Noël et Nouvel-An, le hockey connaît un énorme succès populaire. Dès lors, pourquoi ne pas en profiter? «L’objectif est de redynamiser le championnat de LNB, explique Daniel Villard, manager du club seelandais et initiateur du projet. Il y a un intérêt énorme pour la Coupe Spengler. Souvent, les gens ont congé, ils ont davantage de temps à consacrer à leurs loisirs. Mais peut-être que cette expérience sera un flop.»
Si les résultats sont concluants, l’opération sera reconduite la saison prochaine. «De toute manière, poursuit Daniel Villard, les équipes organisent souvent des matches amicaux durant cette période.» Sans oublier que même en absence de championnat, le cérémonial des entraînements ne s’arrêtait pas pour autant. Bien au contraire!
«Un appel au dopage»
Pourtant, entre autres problèmes d’organisation – de nombreux bénévoles sont en vacances à cette période de l’année –, cette mesure semble faire l’unanimité contre elle. «Nous avons expliqué à nos joueurs que pour leur payer de bons salaires, nous devions étudier toutes les possibilités de trouver de nouvelles ressources financières», relève Gérold Cina, directeur sportif du HC Sierre. Voilà pour la forme. Et sur le fond? «Je sais que ce n’est pas une bonne idée. En LNB, les joueurs sont souvent semi-professionnels. Cette semaine sans compétition était importante pour eux. Le calendrier est déjà assez chargé comme ça.» D’autant plus que, depuis peu, la LNB ne cesse plus ses activités durant les pauses dévolues aux équipes nationales.
Pour vivre, le joueur de 2e division doit compléter son salaire par une activité annexe. Juste pour souffler, pour se refaire, la trêve de Noël devenait un instant sacré de la saison, loin de la pression du championnat. «Pour assumer le rythme qui leur est imposé, avec cinq matches entre le 23 décembre et le 2 janvier, certains de mes gars ont dû poser des vacances à leur travail, s’insurge Dany Gélinas, l’entraîneur du HC Ajoie. Aujourd’hui, un hockeyeur de LNB n’a plus le droit d’être blessé, il n’a plus le droit de récupérer. La Ligue doit épauler les joueurs et non pas les pousser au dopage!»
«Un manque de respect»
Ailier du premier bloc du HC La Chaux-de-Fonds, Steve Pochon (28 ans) va plus loin. A son sens, l’attitude des dirigeants de LNB est irresponsable, voire insultante. «C’est un manque total de respect envers les joueurs, lâche-t-il. Ceux qui décident se moquent de nous! En moyenne, un hockeyeur de LNB gagne autour de 45 000 fr. par saison. Beaucoup d’entre nous travaillent à côté du hockey. On nous rémunère comme des semi-pros en nous imposant un calendrier plus astreignant que celui de la LNA. Non, ce n’est pas correct. A La Chaux-de-Fonds, nous avons même un entraînement le 25 décembre à midi...»
Indirectement, l’initiative du HC Bienne pose la question de l’avenir de la LNB. Les dirigeants de club n’acceptent pas le statu quo tout en évitant soigneusement les remises en question trop brutales. «Il faut savoir à quel projet on veut identifier la LNB, lance Dany Gélinas. Ces matches entre les Fêtes, c’est le meilleur moyen de tout faire à l’envers.»
Le fossé entre les clubs et leurs employés a rarement été aussi béant. Les vues et les objectifs de chacun paraissent de plus en plus opposés. «On commence la saison en short et, pour la majeure partie des équipes, on la termine mi-février, quand il y a un mètre de neige et quand tout le monde a envie de voir du hockey, peste Steve Pochon. Non, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.»
Bien dit. L. K.
Concurrencer la Coupe Spengler
Sympa, Fredi Pargätzi! Pour un peu, le grand boss de la Coupe Spengler irait même jusqu’à applaudir l’initiative controversée des clubs de 2e division. «Je comprends tout à fait la démarche de la LNB, confie le président d’organisation du tournoi davosien. Il n’est pas concevable que l’ensemble du hockey suisse doive s’arrêter entre les Fêtes uniquement à cause de la Coupe Spengler.»
En homme d’affaire avisé, Fredi Pargätzi est même prêt à partager le gâteau. «Dans un certain sens, poursuit-il, la LNB se pose évidemment comme un concurrent. Mais je prends sa présence comme un défi à relever. Nous devrons essayer d’être toujours aussi attractifs, notamment aux yeux des médias de Suisse romande, pour promouvoir notre tournoi.»
C’est la tradition, la Coupe Spengler est un lieu de rencontres privilégié entre supporters, presque un instant de communion. Avec des matches de Sierre, La Chaux-de-Fonds, Bienne et tous les autres, les fous de hockey devront bien choisir leur camp. Après des années de progression, le tournoi davosien connaîtra-t-il une légère érosion de sa fréquentation? «C’est envisageable, reprend Fredi Pargätzi. Et si cela devait effectivement se passer ainsi, nous le regretterions. Les fans de Suisse romande amènent une couleur et une ambiance très particulières au tournoi.»
Même avec une LNA en vacances, le marché du hockey national reste étroit et n’est pas extensible à l’infini. Bon, de là à ce que le LNB fasse de l’ombre à la Coupe Spengler, il y a un pas que l’on évitera de franchir. L. K.
Par Laurent Kleisl
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Publié dans : Coupe Spengler 2006
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