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Spécial LNA 2008/09

Vendredi 5 septembre 2008

La LNA vue du JdJ

1. ZSC Lions Parce qu’avec Jean-Guy Trudel, les champions sont encore plus forts. Parce qu’ils ont mis 7-0 au HC Bienne en préparation.

2. Genève Servette Parce que Chris McSorley n’a pas avalé la défaite en finale le printemps dernier. Parce que la patinoire des Vernets n’est pas le Stade de Genève.

3. Berne Parce que l’Ours est lent à la digestion. Parce que Martin Steinegger est parti à Bienne.
4. Lugano Parce que Hnat Domenichelli va tantôt toucher son passeport suisse. Mais parce que Petteri Nummelin + Randy Robitaille + Patrick Thoresen + John Pohl = embouteillage de stars.
5. Davos Parce qu’Arno Del Curto reste le druide des montagnes. Parce que Ralph Krueger va rappeler Michel Riesen et Reto von Arx.
6. Zoug Parce que Micki Dupont est le défenseur le plus spectaculaire de la ligue. Mais parce que Micki Dupont est le défenseur le moins défensif de la ligue.
7. Kloten Parce que Curtis Brown n’est pas un deuxième Kimmo Rintanen. Parce qu’Arnaud Jacquemet n’a pas encore la carrure d’un attaquant international.
8. Fribourg Gottéron Parce que la saison régulière compte 50 journées. Ouf... Parce qu’Alain Reist va boxer Ramzi Abid et Thomas Ziegler lors du même derby des Zähringen.
9. Langnau Parce que Mathias Joggi n’est pas encore assez costaud. Parce que l’Ifis ne verra jamais un match de play-off en LNA.
10. Ambri-Piotta Parce que Hnat Domenichelli est allé voir ailleurs. Parce que Jean-Jacques Aeschlimann ne rechaussera pas les patins.
11. Bienne Parce que l’euphorie est contagieuse. Parce que Sean Hill et David Ling sont largement supérieurs à Petteri Nummelin et Randy Robitaille. Parce qu’ICI C’EST BIENNE!
12. Rapperswil Parce que là-bas, ce n’est pas Bienne. Eh non! Parce que Loïc Burkhalter n’a pas trouvé de grottos entre Rapperswil et Jona. /lk


La LNB vue du JdJ

1. Lausanne
Parce que Dany Gélinas, Alexandre Tremblay et Alain Miéville sont des gagnants. Parce que «McDany» et le Lausanne HC rêvent secrètement d’affronter le HC Bienne en barrage de promotion/relégation LNA/LNB.
2. La Chaux-de-Fonds Parce que le contingent a encore pris en qualité et en profondeur. Parce que Gary Sheehan va rappeler Sébastien Hostettler.
3. Ajoie Parce que Réal Paiement a très rapidement fait oublier Dany Gélinas. Parce que Nico Spolidoro a enfin dépassé les 100 kg.
4. Sierre Parce que Derek Jinman et Lee Cormier jouent un hockey fusionnel. Parce que Bruno Aegerter va transformer Jürg Dällenbach en défenseur offensif.
5. Langenthal Parce que Marco Charpentier est le nouvel Eric Lecompte. Parce que pour viser plus haut, il aurait fallu engager Gregor Thommen.
6. Olten Parce que «pourquoi pas». Parce qu’Arne Ramholt, le plus défensif des défenseurs de l’histoire du hockey suisse, signera davantage de points que Jürg Dällenbach.
7. GCK Lions Parce que les Lionceaux se qualifient toujours pour les play-off. Parce que Christian Schuster va boucler l’exercice en attaque.
8. Bâle Parce que Manuel Zigerli va terminer la saison avec le maillot de topscorer. Parce que les «perdants» de la saison passée ont quitté l’Arène Saint-Jacques.
9. Viège Parce qu’une fois n’est pas coutume, cette saison n’est pas celle des gens de la Litterna-Halle. Parce qu’il est de tradition qu’un club valaisan termine sous la barre. Comme Martigny n’est plus là...
10. Thurgovie Parce que le HC Thurgovie repart à zéro. Parce que l’argent de Felix Burgener n’est plus dans les caisses.
11. Neuchâtel Parce qu’en plus de Berne et Fribourg, Ambri-Piotta s’en mêle également. Parce que Cyrill Pasche n’est plus là. /lk

Par Laurent Kleisl
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Vendredi 5 septembre 2008

ET AU BOUT, LA PROMOTION EN LNA

La saison du plus fou des exploits

«Sur un malentendu, ça peut marcher.» De Jean-Claude Dusse, dans les «Bronzés font du ski». C’est un peu l’histoire du HC Bienne. La promotion, en août 2007, personne n’y croyait. Et la saison a suivi son cours. Jusqu’au 8 avril.

Laurent Kleisl

Des visages défaits, des yeux humides de déception, des mots qui restent bloqués au fond de la gorge, comme retenus par la haine de ce que l’on dit impossible: c’était samedi 7 avril 2007 à l’Ilfis. Pour les Seelandais, la patinoire de Langnau s’était transformée en une rivière de larmes. Le HC Bienne, pour la troisième fois en quatre ans, venait d’échouer aux portes de LNA, battu à la régulière par les Tigres du lieu. Pourtant, il y avait Aubin, Law et tous ces grands noms engagés à grands frais. Mais le scénario est écrit d’avance: si les «happy end» existent, ils ne sont pas seelandais.

Lendemain de veille

Le HC Bienne mettra quelques mois pour digérer sa gueule de bois emmentaloise. Sa première dose d’aspirine, il l’avale le 4 mai 2007, en intronisant Heinz Ehlers en lieu et place du controversé Kim Collins. Puis, plus grand-chose. Le Finlandais Marko Tuomainen, bourreau des Seelandais lors du barrage de LNA/LNB, est engagé pour une saison. Lentement, pourtant, le doute s’installe dans le vieux stade.

Bienne veut monter en LNA, vraiment? «Oui, cela reste notre objectif», lance Andreas Blank, président du club, au moment de la reprise sur la glace. «Chaque année, c’est la même chose: personne ne croit au HC Bienne!» En août, Ehlers lui-même émet des réserves: «Avec ce contingent, on peut atteindre le top-4 de LNB, mais on ne va rien gagner». La froideur réaliste du coach ne bloque toutefois pas sa marche en avant. Faute à une main-d’œuvre rare, le Danois titularise Zigerli et lance Steiner, Tuffet et autres Weisskopf dans le bain de la LNB. L’eau est plutôt tiède...

Une équipe en mouvement

Le 25 septembre, c’est une défaite qui marque le début de l’aventure. A Malley, dans l’antre d’un LHC qui surdomine le début de saison, les Seelandais ne reviennent battus «que» 1-2, tout en ayant aligné un troisième trio Zigerli-Malgin-Schlup. Un exploit! Et si, finalement, le HCB avait raison? Pendant que la méthode Ehlers, faite de rigueur, commence à porter ses fruits, Kevin Schläpfer s’active dans l’arrièrescène, lui qui est d’ordinaire tant attiré par la lumière des projecteurs. A tour de rôle, Brägger et Ehrensperger, puis Truttmann, Kamerzin, Korsch, Pasche, Diethelm, Kparghai et Burakovsky rejoignent une équipe qui n’en finit plus de gagner. Mieux: Miéville, Peter, Tschantré, Reber, guidés par un Tuomainen qui porte littéralement un club sur ses épaules – il le paiera durant les play-off –, ont pris une assurance qui, au final, s’avérera déterminante.

Ajoie, le meilleur ennemi

Le HCB champion de la saison régulière, sept points devant l’arrogante ambition du LHC: qui l’eût cru? Légèrement accrochés en quarts de finale par Olten, les Seelandais ont peut-être fait le plus dur en éliminant Ajoie, en «demi», dans une série qui restera peut-être comme la plus intense jamais vécue à Bienne. Sept matches à donner la chair de poule, dans des patinoires combles, dans l’ambiance électrique des derbies entre les meilleurs ennemis du monde. C’est pour ça que le hockey est si beau. Les Seelandais l’emportent 4-2 dans la septième et dernière manche. L’histoire est en marche.

Treize ans après

La lutte pour la couronne de LNB, contre La Chaux-de-Fonds, ne se révélera qu’un échauffement avant la vraie finale. Leur titre, le quatrième en cinq ans, les Seelandais vont le fêter dignement, avant de se remettre au boulot, le mot préféré d’Ehlers. Mais en pensant au HC Bâle, pitoyable cancre de LNA, le spectre de Langnau – mais aussi ceux de Fribourg et de Lausanne – réapparaît. D’autant plus qu’Alexandre Tremblay, blessé face au HCC, a terminé sa saison. Et si Bienne était maudit?

Le résultat de la première manche, disputée à l’Arène Saint-Jacques, vient en réponse: une victoire 2-1 sans discussion aucune. Deux jours plus tard au Stade de Glace, c’est 4-1. Puis 2-1, sur la route, dans l’enchaînement. Puck de promotion! 8 avril 2008, 21h51: vainqueur de Bâle 3-2, le HCB retrouve le LNA treize ans après l’avoir quittée. En signant le troisième but, Mathieu Tschantré restera dans les annales comme l’homme qui a envoyé le HCB dans les étoiles. Les performances extraterrestres du gardien Marco Wegmüller ont montré la voie. Andreas Blank, Daniel Villard et tous ceux qui y ont toujours cru sont en larmes. Des larmes de joie, cette fois. Bienne est en fête, une nuit magique gravée à jamais dans l’âme de chaque amoureux du hockey. «Quand je vois tous ces gars qui aiment jouer et vivre ensemble... quand ce genre de chimie se crée dans un vestiaire, tout devient possible.» L’hommage du général à ses soldats. Un grand Monsieur, Heinz Ehlers.

N’en déplaise à Jean-Claude, avec le Danois, il n’y a pas de place pour les malentendus. /LK

Par Laurent Kleisl
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Vendredi 5 septembre 2008

LE COIN DE L’ENTRAÎNEUR

«Notre apprentissage
ne saurait être une excuse!»


Le réalisme: c’est peut-être la plus grande qualité de Heinz Ehlers. L’entraîneur danois sait que son deuxième exercice à la barre du HC Bienne s’annonce difficile. Satisfait de la période de préparation, il soigne un certain optimisme.

Laurent Kleisl

Heinz Ehlers, au moment de partir à l’aventure avec le HC Bienne, quels sentiments vous animent?
Bien sûr, je ressens une certaine excitation. Et j’espère que tous les joueurs seront à 100% vendredi soir. C’est également très motivant de jouer le premier match devant 17 000 spectateurs. Je dirais même que c’est incroyable! Même si, comme tous les coaches, j’aurais apprécié une période de préparation plus longue, je suis impatient de voir comment l’équipe va se comporter. Nous sommes conscients que la saison qui s’annonce sera difficile, mais nous sortons d’une bonne phase de préparation, avec beaucoup de points positifs.

C’est-à-dire?
Dans le vestiaire, l’état d’esprit est bon. Le succès de samedi dernier contre Rapperswil (réd: 4-1 en petite finale de la Team-Cup) a fait du bien au moral. Cette victoire, face à une équipe avec laquelle nous pouvons nous comparer, a mis les joueurs en confiance. Durant ce match, l’équipe m’a montré ce que je voulais voir. Après la défaite 0-7 face aux ZSC Lions, elle a su faire preuve de caractère. Contre les champions de Suisse, on a vu la différence qu’il existait face à une des formations favorites du championnat.

Que tirez-vous encore de positif de la préparation?
La semaine dernière, nous avons mis l’accent sur l’aspect tactique de notre jeu, avec notamment beaucoup d’exercices consacrés aux situations spéciales et à l’engagement. Résultat: l’équipe a donné une bonne réponse face à Rapperswil. J’ai le sentiment que tous les joueurs adhèrent au système de jeu que je propose. Et physiquement, tout le monde a fait un excellent travail durant l’été. Les tests que nous avons fait passer aux joueurs début août – un test de condition physique en vigueur en Elitserien suédoise – ont abouti à d’excellents résultats. L’équipe est en forme, reste à transférer tout cela sur la glace

Et les points négatifs?
Ce n’est pas pour les journaux...

Hormis Rapperswil et les ZSC Lions, quelles équipes de LNA avez-vous vues en action?
La seule équipe que j’ai visionnée est Genève Servette. Tactiquement, au niveau de la vitesse et de la puissance, tout est en place. En fait, c’est au fil du premier tour que nous allons découvrir nos adversaires. Nous avons beaucoup à apprendre. Mais notre apprentissage ne saurait en aucun cas être une excuse!

Une question d’état d’esprit...
Nous devons partir avec l’idée de gagner tous nos matches. C’est le seul état d’esprit à avoir. Et même si Berne part très nettement favori vendredi soir, le championnat commence dès la première rencontre. Nous n’allons pas attendre un tour complet pour commencer à gagner des matches! /LK


La préparation du HC Bienne

Les matches. Aalborg IK Panthers/Dan - Bienne 3-3.
Herning Bluefox/Dan - Bienne 5-1. Bienne - Neftekhimik Nizhnekamsk/Rus 4-6. Bienne - HC Bily Tygri Liberec/Tch 1-1. Bienne - Hannover Scorpions/DEL 9-6. ZSC Lions - Bienne 7-0. Bienne - Rapperswil 4-1.

Bilan:
2 victoires, 2 nuls, 3 défaites. 22 buts marqués pour 29 encaissés.

Les compteurs de la préparation.
6 points: Thomas Nüssli (2 buts + 4 assists). 5 points: Gianni Ehrensperger (3+2), Claudio Neff (1+4) et Jörg Reber (0+5). 4 points: Mathias Brägger, Eric Himelfarb (Can) et Mathieu Tschantré (2+2). 3 points: Deny Bärtschi et Marco Truttmann (2+1). 2 points: Mauro Beccarelli (2+0), Simon Fischer, Emanuel Peter (1+1) et Martin Steinegger (0+2). 1 point: Sean Hill (EU), David Ling (Can), Stefan Tschannen (1+0), Manuel Gossweiler et Marko Tuomainen (Fin) (0+1). /lk

Par Laurent Kleisl
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Vendredi 5 septembre 2008

GROS PLAN

Kevin Schläpfer, l’homme qui murmurait à l’oreille des hockeyeurs

Directeur sportif, responsable du mouvement juniors, entraîneur des novices-élites, au HC Bienne, Kevin Schläpfer est partout, au point d’en agacer certains. L’équipe qui part aujourd’hui à la quête du maintien en LNA, c’est lui qui l’a assemblée. Un travail qui, ces derniers mois, lui a volé sa vie.

Laurent Kleisl

Communicateur-né ou manipulateur acrobate? Kevin Schläpfer jongle avec les mots. Monsieur Positif est l’homme des semi-vérités, des confidences glissées à l’oreille, des petits mensonges entre amis. Une main sur le natel, l’autre sur le cœur. Un pied au bureau, l’autre dans un patin. Et la tête dans les étoiles, comme si ses neurones préparaient un coup d’avance, comme si son esprit s’égarait pour s’aventurer dans un ailleurs évidemment meilleur.

Il bouge, Kevin. Dans les coulisses du vieux stade, au nouveau secrétariat de la rue de la Gare, il saute, gesticule, trépigne. Et il court. Il court tout le temps. Il ne s’arrête jamais. Il parle, aussi. Beaucoup, brillamment, avec des gestes amples et des tapes sur l’épaule, avec des éclats de rire et des silences, ceux de la réflexion. Ceux de sa propre souffrance.

Kevin existe, on l’a rencontré. Il vit, parfois trop vite, trop loin, trop fort. Alors, il doit se ressourcer. Comme les plantes, il a besoin d’être arrosé. La reconnaissance et le succès, c’est son engrais. Sa ration quotidienne d’ions positifs, il l’ingurgite par osmose avec la glace et dans l’atmosphère virile et âcre du vestiaire. Où son âme est en paix. Enfin.

Kevin Schläpfer, depuis le 8 avril 2008 et la promotion en LNA, vous êtes-vous accordé des vacances?
En juillet, j’ai passé cinq jours à Disneyland avec mes deux fils. Sinon, de vraies vacances, non... Mes rares journées libres, je les passe avec mes trois enfants. Et papa, c’est aussi un job difficile!

Personnellement, comment avez-vous vécu les cinq derniers mois?
Durs, très durs. La situation du HC Bienne demande à chacun un effort supplémentaire et un surplus de travail. Mais tout ce que nous vivons est formidable, c’est une stimulation positive. Actuellement, ma situation personnelle est particulière. Comme je vis séparé de ma famille depuis quelque temps, s’il le faut, je peux faire une journée de 16 heures, car personne ne m’attend à la maison...

Dans ces moments difficiles, le travail devient-il une thérapie?
(rires) Non, je n’ai pas besoin de thérapie! Mais le travail m’aide à penser à autre chose. C’est une sorte d’échappatoire.

Le HC Bienne, c’est votre deuxième famille?
Tout à fait. Quand on aime son job, on vit pour lui. Et moi, j’aime le hockey. C’est toute ma vie.

La promotion en LNA, est-ce comme un accouchement: on le prépare minutieusement et le moment venu, rien n’est prêt?
Non, car nous sommes prêts! Nous avons toujours voulu ce qui nous arrive, nous avons travaillé pour. Malgré tout, la dimension que ça prend est peut-être plus grande qui nous l’avions pensée. Le projet était dans nos têtes depuis plusieurs années, mais quand il s’ancre dans la réalité, il y a toujours des surprises. Le pas à franchir est énorme, mais nous sommes sur le bon chemin.

La campagne de transferts a-t-elle été plus compliquée qu’attendue?
Pour l’engagement des étrangers, c’est certain. Dans l’ensemble, je suis satisfait de notre recrutement en joueurs suisses.

Sur le marché international, l’euphorie du HCB s’est peut-être heurtée à la froideur du business…
Les joueurs sentaient très bien cette euphorie. Ils apprécient quand un directeur sportif arrive avec cette énergie. C’est aussi une façon pour moi de donner une image positive du club. Avec les étrangers, le problème venait plutôt des agents. Eux, ils sont froids. Pour les Suisses, ce n’était pas pareil, car cette euphorie, celle de la promotion, est un bon argument. Quand j’ai parlé avec Thomas Nüssli, il avait en main une offre beaucoup plus lucrative de Lugano. Je l’ai convaincu par un discours positif. Sur le terrain financier, nous n’avions aucune chance. Oui, l’euphorie, c’est important!

Ces derniers mois, avez-vous manqué ne serait-ce qu’une occasion en or d’engager un crack?

Sur le marché suisse, nous avons fait le maximum. Il nous manque peut-être un autre défenseur suisse d’expérience. Il n’y en avait simplement aucun sur le marché. Avec Stefan Tschannen et Nüssli, nous avons enrôlé les deux meilleurs joueurs de Bâle.

Thomas Nüssli, un superbe joueur, tout comme Claudio Neff, le Pat Lefebvre grison. Mais deux hommes au caractère jugé «difficile». Ne craignez-vous pas qu’ils ne perturbent l’équilibre du vestiaire?
Nous avons une certaine expérience dans le domaine! (rires) La saison passée, nous n’avons pas hésité à nous séparer de Zarley Zalapski, qui était un joueur difficile à gérer. Avant qu’ils n’arrivent à Bienne, que n’a-t-on pas entendu sur Marco Truttmann et Mathias Brägger? Pourtant, ils se sont très bien intégrés. Quand je discute avec des joueurs, je le fais sans préjugés. Mon job est de sentir s’ils seront acceptés par l’équipe.

Nüssli et Neff pourraient être les hommes qui feront la différence ces prochains mois. Avez-vous beaucoup discuté avec eux?
Enormément. Nüssli m’a fait bonne impression. Avec Neff (réd: malade, il manquera les trois prochains mois), nous avons tout mis à plat, nous avons parlé très franchement. Thomas et Claudio savent ce que j’attends d’eux. Ils savent aussi qu’il y a une limite à ne pas dépasser.

Existe-t-il des clauses particulières dans leur contrat?
Dans chaque contrat, pour chaque joueur, il existe une clause de comportement. Mais il n’y a rien de particulier pour Neff et Nüssli. En fait, j’aime causer avec les joueurs. Je suis assez proche de l’équipe. Souvent, je chausse les patins à l’entraînement, ce qui est rare pour un directeur sportif. Si je restais de mon bureau, je ne pourrais pas avoir une idée juste de ce qui se passe dans le vestiaire.

La glace, est-ce vraiment la place d’un directeur sportif?
C’est comme dans la vie, il faut trouver un équilibre. Parfois, je dois être proche du groupe, parfois plus distant. La tactique et ce qui se passe sur la glace, c’est le job de Heinz Ehlers. Pour les relations humaines, le «Sportchef» a un rôle important à jouer. Je vis les petites histoires qui font vibrer l’équipe. Je suis au courant de tout!

Vous feriez un excellent journaliste!
(rires) Sentir battre le cœur de l’équipe, je suis certain que c’est un avantage pour moi.

Pensez-vous renforcer le contingent en cours du route?
Peut-être... Bon, nous n’allons pas appliquer la même tactique que la saison passée! Si l’on tient compte de Zigerli à Bâle et de Gerber à Langenthal (réd: Hostettler et Wetzel ont été ajoutés à liste des joueurs prêtés en LNB), notre cadre est large. Et j’ai une totale confiance en ceux qui ont acquis la promotion. Ce sont eux qui ont battu Bâle 4-0 en finale de promotion, et pratiquement sans l’aide de joueurs étrangers! Je suis certain que, par exemple, Truttmann et Tschantré vont réussir le saut en LNA. Par contre, nous cherchons un cinquième étranger (réd: Rico Fata a été testé cette semaine). Je garde les yeux ouverts: toujours à l’affût, c’est mon job!

Vos étrangers, justement...
Eric Himelfarb était un des meilleurs «importés» de LNB. Il est rapide, à l’aise techniquement: il a les armes pour s’imposer en LNA. En défense, Sean Hill amène son expérience et son sens du jeu. Sean est un très bon type, il s’est très vite intégré dans l’équipe. Quant à David Ling, c’est le «crazy man» que l’on attendait. Nous avions besoin de quelqu’un qui amène cette touche physique à notre jeu. En plus, il sait marquer des buts!

Et Marko Tuomainen? Il sort de play-off décevants et il n’a de loin pas convaincu en préparation...
Difficile à dire. On verra... Si nous engageons d’autres étrangers, ce n’est pas forcément pour remplacer Tuomainen. Non! Nous attendons de savoir où nous aurons besoin de quelque chose. Un centre? Un défenseur? Ou, qui sait, un gardien?

A ce propos: en 2002, au moment de sa promotion en LNA, Genève Servette avait engagé Reto Pavoni. Avec Caminada/Wegmüller, le HCB fait confiance à un duo inexpérimenté...
Sur le marché, aucun gardien n’était meilleur qu’eux. Lorsque l’on voit ce que Wegmüller a montré durant les play-off, je suis convaincu que l’on pourra s’appuyer sur lui en LNA.

Et Pascal Caminada?
La plupart du temps, durant les play-off, il a été remplaçant. Il joue un match à Bâle, et il est extraordinaire! Nous avons pensé que la combinaison entre les deux était peut-être un avantage. En cas de problème, la position de gardien est celle où nous pouvons le plus rapidement réagir, où il y a davantage de possibilités, notamment avec des remplaçants de LNA ou des portiers étrangers.

La défense, également, paraît bien inexpérimentée...
Je suis allé chercher les meilleurs de la classe biberon actuelle! Quand on n’a pas beaucoup d’argent, comme à Bienne, il faut trouver d’autres stratégies. Kamerzin, Schneeberger et Kparghai ont un gros potentiel. Ils vont progresser au contact de Hill, Steinegger et Reber. Si un seul se développe et s’impose en LNA, on aura réussi notre pari.

Finalement, avec les mystères qui entourent le véritable potentiel de l’équipe, quel est l’objectif du HCB pour sa saison de retour en LNA?
Le maintien, rien d’autre. Nous voulons également éviter d’imiter le parcours de Bâle la saison passée. On a les moyens de concurrencer Rapperswil, Langnau et Ambri. Notre objectif est réaliste. Nous n’aurons jamais un des gros budgets de la ligue. Par contre, les joueurs doivent savoir que le HC Bienne est une bonne organisation et une bonne place pour jouer au hockey, surtout avec l’arrivée du nouveau stade. L’avenir nous appartient! /LK


Schläpfer intéresse les autres

Trois ans, déjà. En avril 2009, Kevin Schläpfer arrivera au terme de son mandat au HC Bienne. Il ne le cache pas, quelques organisations de Ligue nationale ont déjà pris langue avec lui. «J’en ai parlé à mes dirigeants», assène-t-il comme une évidence. Puis, il précise: «Avec le HC Bienne, nous avons déjà évoqué une prolongation de mon contrat. Nous ne sommes pas encore allés plus loin. Ces derniers temps, j’ai eu beaucoup d’autres choses plus importantes à faire!» Dans l’absolu, le Bâlois désirerait conserver ses trois casquettes actuelles: directeur sportif, responsable du mouvement juniors et entraîneur des novices, équipe qu’il a promue en catégorie Elites le printemps dernier. «C’est de cette manière que j’apprends le plus de choses, note-t-il. A l’avenir, je ne cache pas qu’un poste d’entraîneur à part entière m’intéresse. Je suis professionnel du hockey depuis plus de 20 ans, je ne suis pas quelqu’un qui peut rester enfermé dans un bureau. Mon bureau, c’est la patinoire. Ce contact avec la glace, j’en ai besoin.»

Si Schläpfer monopolise le devant de la scène depuis l’accession à la LNA, il n’en demeure pas moins un clubiste. Au moment d’évoquer le partage des tâches au HC Bienne, il bondit d’enthousiasme: «Avec le manager Daniel Villard et Sandro Wyssbrod, qui représente le conseil d’administration, nous formons une véritable équipe. Dans le domaine sportif, les dirigeants me font énormément confiance.» Il ajoute: «Daniel est peut-être plus réservé que moi, mais nous sommes complémentaires. C’est une force!»

Un brin hyperactif, Schläpfer ne dit nourrir qu’une seule ambition immédiate: «Avoir du succès!» Et dans dix ans, s’imagine-t-il à la bande des ZSC Lions ou la direction sportive du SCB? Il se marre, réfléchit, et se lance: «Dans dix ans? Je ferai une pause pour me remettre d’une décennie ininterrompue de succès!» Impayable. /lk


Kevin Schläpfer en deux mots

L’homme Né le 24 novembre 1969. Séparé, père d’Elvis (8 ans), Lovis (4 ans) et Elisha (2 ans). Réside à Eptingen/BL. «Je loue quand même un studio à Bienne.»
Le joueur 821 matches en Ligue nationale entre 1986 et 2006. 195 buts, 414 assists, 609 points et 486 minutes de pénalités avec Bâle, Lugano, Zoug, Olten, Lausanne, Langnau, Bienne et Langenthal.
Titres Champion de LNA avec Lugano (1990), champion de LNB avec Langnau (1998), Coire (1999 et 2000) et Bienne (2004). Promotions en LNA avec Olten (1993), Langnau (1998), Coire (2000) et Bienne (2008, en qualité de directeur sportif). Promotion en novices-élites avec Bienne (2008, en qualité d’entraîneur).
Carrière Assistant marketing au HC Bienne (de 2001 à 2004), puis au CP Langenthal (de 2004 à 2006). Directeur sportif, responsable du mouvement juniors et entraîneur des novices du HC Bienne depuis 2006. Son contrat arrive à échéance en avril 2009.
Particularités Ne boit pas une goutte d’alcool. Surnom: «Hockeygott». Sa devise: «PO-SI-TIF!!!» /lk


Les mouvements au HC Bienne

Arrivées en cours de saison 2007/08 Mathias Brägger (Thurgovie, LNB), Gianni Ehrensperger (Kloten), Marco Truttmann (Thurgovie, LNB) et Jérémie Kamerzin (Neuchâtel, LNB).
Arrivées Sébastien Hostettler (La Chaux-de-Fonds, LNB), Noah Schneeberger (Langenthal, LNB), Martin Steinegger (Berne), Deny Bärtschi (Fribourg Gottéron), Simon Fischer (Zoug), Eric Himelfarb (Can/Lausanne, LNB), Thomas Nüssli (Bâle), Stefan Tschannen (Bâle), Sean Hill (EU/Minnesota Wild, NHL) et David Ling (Can/Toronto Marlies, AHL).
Départs Roman Diethelm (Olten, LNB), Joël Fröhlicher (Langnau), Gregor Thommen (?), Robert Burakovsky (Sué/entraîneur assistant, Trelleborg, 3e division Suè), Roland Korsch (Oberthurgau, 1re ligue), Alain Miéville (Lausanne, LNB), Cyrill Pasche (retrait), Alexandre Tremblay (Can/Lausanne, LNB), Roland Gerber (Langenthal, LNB), Timothé Tuffet (Neuchâtel, LNB), Fabian Steiner (Lyss, 1re ligue), Dan Weisskopf (Lausanne, LNB), Marco Schlup (Zuchwil Regio, 1re ligue), Manuel Zigerli (Bâle, LNB), Zarley Zalapski (Can-S/?), Brian Felsner (EU/?) et Christophe Wahl (entraîneur gardiens/?). /lk

 

Le HC Bienne en deux mots

Fondé en 1939 (constitué en société anonyme en 1998).
Conseil d’administration Andreas Blank (président), Thomas Meyer, Adrian Warmbrodt, Sandro Wyssbrod, Hans-Ruedi Minder, Enrico Dalla Bona, Flavio Torti et Patrick Stalder.
Manager Daniel Villard.
Directeur sportif Kevin Schläpfer.
Budget 2008/09 6,8 millions.
Patinoire Stade de Glace (7000 places, dont 2900 assises).
Sur le Web www.ehcb.ch.
La saison passée 1er de la saison régulière. Vainqueur de La Chauxde-Fonds (4-1) en finale de LNB, vainqueur de Bâle (4-0) en barrage de promotion/relégation LNA/LNB. Promu en LNA. /lk

Par Laurent Kleisl
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