SUPPLEMENT HOCKEY
Neuchâtel, un authentique
club de ligue minueure
Pour durer en LNB, le néo-promu joue la carte de la collaboration. Au total, ce ne sont pas moins de 12 talents bernois et fribourgeois qui garnissent le contingent des Young Sprinters.
Laurent Kleisl
Dans son état d’esprit, Neuchâtel est le plus nord-américain des clubs romands. Une véritable franchise de ligue mineure. «Il n’était pas envisageable pour nous de vivre en LNB en restant indépendants, explique Pierre-Alain Schenevey, le manager de l’équipe du Littoral. Tout de suite après la promotion, j’ai appelé Marc Lüthi...»
Depuis, le manager du «SCBern» a pris place au conseil d’administration des Young Sprinters en qualité de représentant du club de la capitale. Afin d’élargir encore leur surface de travail, les néo-promus ont également signé une convention – les «partenariats» n’existent plus – avec Gottéron. «Nous avons besoin de ces collaborations, reprend Schenevey. Notre objectif est de devenir un vrai club formateur, une sorte de GCK Lions pour Berne et Fribourg.»
Financièrement, les deux organisations de l’élite participent à la construction du budget neuchâtelois. «D’une certaine façon», précise Schenevey. Avec la promotion, l’enveloppe à disposition est passée de 450 000 à 1 million de fr. Un joli saut! «Nous avons même trouvé de nouveaux sponsors du côté de Berne. Question affluence, nous tablons sur 500 spectateurs payants.» Raisonnable.
Bien sûr, l’apport principal est humain. Au total, le contingent de l’entraîneur français Alain Pivron compte 31 joueurs, dont 12 proviennent des deux copains de LNA. Dans cette meute de jeunes loups, seuls les Bernois Jan Krebs, Jérémie Kamerzin et Michel Zwahlen ont leur licence A à Neuchâtel. Les autres? Ils vont beaucoup bouger. «Il y aura du va-et-vient, à nous de nous adapter, note Pivron. Les meilleurs joueront, une sélection sera faite à chaque match. Je sais que cela ne sera pas toujours facile, mais pour l’heure, je ne tire que du positif de la situation.» Pour rendre la vie plus facile à tout le monde, la collaboration entre les techniciens de la «PostFinance-Arena» et ceux du Littoral s’est resserrée. «Tout en gardant notre liberté, nous essayons d’avoir des idées et des systèmes de jeu similaires à Berne et à Neuchâtel, du mouvement juniors à la première équipe», précise Pivron.
Plus au nord, à La Chaux-de-Fonds, le partenariat qui liait les Abeilles à Gottéron n’avait pas été reconduit ce printemps. Entraîneur aux Mélèzes, Gary Sheehan en avait assez des contraintes imposées par le grand de LNA. «Aujourd’hui, Sheehan est content de se débarrasser de Fribourg, car il a à sa disposition un budget lui permettant d’engager 25 joueurs, souligne Pivron. C’est une chance que nous n’avons pas.»
Neuchâtel travaille pour l’avenir. Les Hezel, Hasani, Froidevaux et autres Josi, tous 18 ans, sont appelés à devenir des cracks. Mais aujourd’hui, ils ne font que découvrir le hockey des adultes. «Pour cette raison, nous avons engagé des joueurs comme Werlen, Kamber et Pasche, reprend Schenevey. On ne pouvait pas envoyer tous ces jeunes au casse-pipe. L’équipe a aussi besoin d’une certaine dose d’expérience.»
En l’absence de relégation, ce néo-promu atypique s’est fixé des objectifs sages. Les play-off? Neuchâtel y pense intérieurement. «On part un peu dans l’inconnu, souffle Schenevey. On aimerait lutter le plus longtemps possible pour la 8e place. On sait qu’une saison difficile nous attend.» Elle passe dès samedi soir par le Stade de Glace. /LK
Malgré ses 39 ans, Dany Ott n’a jamais vu ça. Pourtant, le défenseur a de la route. Entre 1991 et 2003, il a participé à 363 matches de Ligue nationale, principalement à La Chaux-de-Fonds et Ajoie. «Dans le contingent, on est plus de 30. Je ne sais pas si j’ai déjà croisé tout le monde! C’est une situation très spéciale», admet-il. Le double partenariat qui lie Neuchâtel à Berne et Fribourg se ressent dans la vie du groupe. Un choc, en fait. «On ne s’entraîne que trois à quatre fois par semaine, car les jeunes qui viennent de LNA ont de la glace à midi avec leur club, poursuit Ott. Lors des matches de préparation, on a vu que l’on était en retard sur le plan physique.»
Ce quotidien si particulier oblige joueurs et techniciens à l’équilibrisme. «Entre des jeunes qui s’entraînent aussi en LNA et des semi-pros, je dois ménager la chèvre et le chou, confie l’entraîneur Alain Pivron. A la reprise, notre jeu ne sera pas encore en place. J’en suis conscient. Nous allons monter en puissance au fil du championnat.»
Pour un «ancien» comme Ott, ce rythme particulier de préparation ne facilite pas la réadaptation à la LNB. «En 1re ligue, on joue le samedi et on a la semaine pour récupérer, rappelle-t-il. Maintenant, c’est deux, voire trois matches hebdomadaires. Le temps de récupération est plus court. Comme je travaille à 70% à côté, je sens que la saison s’annonce difficile.» D’où cette interrogation: pourquoi ne pas avoir raccroché après la promotion? «Je me suis longtemps posé la question. Mais j’ai toujours du plaisir à jouer. La saison passée a été fantastique, cela m’a motivé à continuer.» La der? «On verra en mars.» /lk
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander



Forum inofficiel
Vos commentaires