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Top Hockey

Lundi 10 mai 2004 1 10 /05 /2004 16:47
SC LANGNENTHAL


Autopsie d’un échec

 

Pour vivre la folie des play-off, le SC Langenthal avait mis le paquet. Les Hauts-Argoviens ont échoué. Renforts parfois critiqués, les défenseurs Björn Schneider et Christian Schuster reviennent sur une saison difficile. Aussi, ils parlent de l’avenir.
 

Laurent Kleisl

A chaque match, le Schoren célèbre le hockey comme une fête. Après une première saison de rodage en LNB, Langenthal voulait offrir les play-off à ses partisans. La campagne de transferts a été solide, copie sur la glace des ambitions du papier. Verdict printanier: 9e. Le SCL s’est planté. «Les renforts, comme Andy Keller, Stefan Moser, Björn Schneider et moi-même, avons été critiqués, coupe Christian Schuster (30 ans). Je sais que nous sommes capables d’apporter plus à l’équipe.»

 

Dans ce fiasco, les joueurs portent leur part de responsabilité. Ils ne s’en cachent pas. «Quand la situation est difficile, ce n’est jamais seulement la faute de l’entraîneur, l’équipe a aussi ses torts», note Schuster. Humainement, Ernst Bruderer, limogé fin novembre, était apprécié de tous. Sportivement, il faisait l’unanimité contre lui. Sur pression de l’équipe, l’Américain Mike Posma lui succédait. «Posma est arrivé beaucoup trop tard, peste Björn Schneider (31 ans). Bruderer n’avait aucune approche tactique. Ses entraînements se ressemblaient immanquablement. On joue comme on s’entraîne! Les étrangers étaient opposés à Bruderer.» Daniel Marois, le Québécois caractériel, en a fait les frais.

 

Expériences parallèles

 

Un nouvel entraîneur, de nouveaux importés – dont l’Américain Sean Berens – et Langenthal reprenait des couleurs. «Après la première saison en LNB, il y avait une mentalité de perdant dans l’équipe, admet Schneider. Il a fallu secouer quelques coéquipiers.» D’abord timides, les résultats sont revenus. Trop tard. Le train des play-off part toujours à l’heure.

 

Pour atténuer la perte financière due à l’absence de séries,  Langenthal s’est transformé en entreprise de leasing: Keller et Moser prêtés à Zoug, Berens et Kradolfer à Olten, Schuster à Bienne et Schneider à Fribourg. «A Bienne, je n’ai pas été bon, avoue Schuster. Je ne sais pas ce que Charly Oppliger n’aimait pas dans mon jeu, il ne me l’a jamais dit. Mais une fois je jouais en attaque, une fois en défense.» Une respiration. «Après tout, l’entraîneur a toujours raison.» Au Stade de Glace plus qu’ailleurs…

 

A Saint-Léonard, Schneider retrouvait une LNA qu’il avait quittée en 1999. «Au début, les entraînements avec Popichin et Bykov n’ont pas été faciles, rigole le Biennois. Durant la saison, je travaille à 80%. Tous les jours, j’étais à 7h au bureau, même lorsque l’on rentrait à 4h du matin d’un déplacement à Lugano!» Une usante mais riche expérience.

 

D’aventure en aventure

 

L’échec faisant partie de l’apprentissage, Langenthal va repartir de l’avant. Les Hauts-Argoviens soulèvent de la fonte depuis le 20 avril, à raison de cinq séances hebdomadaires. Le retour sur la glace est prévu le 26 juillet à Huttwil. «Avec les renforts de Pascal Stoller en défense et Kevin Schläpfer en attaque nous devons aller en play-off!» Schuster enchaîne: «Schläpfer sait porter une équipe à bout de bras.» A Langenthal, la pression sera épaisse sur les leaders. Cette fois, le droit à l’erreur n’existe plus. Le Schoren attend de vivre l’aventure des play-off. «Moi, une autre aventure m’attend, soupire Schneider. Je vais bientôt être papa…» /LK
Par Laurent Kleisl - Publié dans : Top Hockey
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Samedi 12 juin 2004 6 12 /06 /2004 20:24
HC AJOIE

«
Les fans et les sponsors doivent pouvoir être fiers de leur équipe»

 

Au HC Ajoie depuis 1998, Pierre Vachon (44 ans) est l’homme de l’ombre. Comme Larry Rush et Claude Fugère bien avant lui, le Québécois est passé de la direction du mouvement juniors à la première-équipe ajoulote. Posé et réfléchi, le successeur de Marc Leuenberger place le contact humain au cœur de sa philosophie. Son credo: le hockey-spectacle.


Laurent Kleisl

Pierre Vachon, comment s’est passé votre prise de pouvoir au HC Ajoie?

Très bien. En fait, je suis un privilégié. J’arrive au bon moment, je récolte ce que Merlin Malinovski et Marc Leuenberger ont semé en chemin. Je peux travailler dans la continuité. Pourtant, je n’ai jamais cherché à devenir coach principal du HCA.

 

Quelle sera la marque de fabrique du HCA à la sauce Vachon?

Je dois m’assurer que l’identité propre au club soit respectée, que l’Ajoie se reconnaisse dans notre manière de jouer. Nous avons un public à reconquérir. Nous voulons revoir 2000 spectateurs à la patinoire. Les fans et les sponsors doivent pouvoir être fiers de leur équipe, c’est mon objectif No 1. Pour cela, le HC Ajoie devra à nouveau être solide à la maison. Nous produirons du spectacle, nous jouerons le hockey que les Ajoulots veulent voir.

 

Le hockey dont vous parlez, c’est quoi exactement?

Ajoie a toujours produit un jeu différent, un jeu à lui, axé sur l’offensive. Bergeron et Heaphy l’ont bien porté il y a quelques saisons. Nos piliers actuels, les Fortier, Laperrière, Guerne et autres Barras aiment ce hockey de création, basé sur la possession de puck. L’offensive sera notre manière d’aborder le hockey. En guise d’opération séduction, nous avons vendu ce style de jeu à Patrick Krüger et Thomas Widmer. A Porrentruy, on offre à ces deux joueurs la possibilité de donner un second souffle à leur carrière.

 

Jouer l’offensive, soit. Mais à eux deux, Cyrill Pasche et Gilbert Flüeler ont pesé 60 buts la saison passée. Ils ne seront plus là. Il faudra bien les remplacer!

Cyrill Pasche a fait la saison de sa carrière. Et il prenait de la place dans le vestiaire. Sans lui, d’autres vont se lever et endosser le rôle de leader. Je vois bien Steven Barras devenir notre Martin Saint-Louis! Steven a toutes les qualités pour être une locomotive de l’équipe. Sacha Guerne, aussi, pourra encore plus s’affirmer. Avec le départ de Pasche, c’est un peu comme si le grand frère avait quitté la maison. Maintenant, Sacha fait partie des leaders. Vous verrez, la saison prochaine, il va encore grandir de quelques centimètres. Dans le contingent à ma disposition, nombre de joueurs n’ont pas encore atteint leur sommet. Le HCA a un gros potentiel à exploiter.

 

Plus que l’offensive, c’est surtout la défensive qui fait soucis. Elle est plutôt du genre rachitique…

Avec Dan Laperrière, Gregor Thommen, Alexis Vacheron et Jordane Hauert, notre défense sera articulée autour d’un «Top 4» qui n’a rien à envier aux autres équipes de la ligue. J’attends beaucoup de Jordane Hauert. Il possède encore une énorme marge de progression. Dans les buts, je suis certain qu’Olivier Gigon va confirmer son excellente saison.

 

Derrière votre «Top 4», il y a les éternels espoirs Olivier Devaux et Martin Schüpbach. Seront-ils enfin prêts pour la LNB?

Oui, ils seront prêts à assumer leur rôle. La saison passée, Marc Leuenberger ne pouvait pas vraiment les utiliser. Ils n’étaient pas encore mûrs. Une nouvelle fois, je récolterai les fruits de son travail. Olivier et Martin viennent de passer deux ans à lire le jeu, à l’apprendre. A un moment donné, le feeling va venir. La beauté du coaching réside à l’encadrement de ce genre de joueurs. Coacher, ce n’est pas diriger Laperrière et Fortier, c’est se mettre au service des 3e et 4e blocs. Pensez-vous que Mario Lemieux ait vraiment besoin d’un coach?

 

Vous avez formé la majeure partie des jeunes composant votre contingent. Vous avez vécu beaucoup de tranches de vie avec eux. Cette connivence n’est-elle pas à double tranchant?

Non, au contraire, c’est pour moi un énorme avantage. Tous les entraîneurs rêvent de cerner rapidement les personnalités des joueurs qui habitent leur équipe. Je coache certains de ces jeunes depuis cinq ans. J’ai tout vu passer avec eux: les premiers succès, les premières copines… Je sais exactement quand ils commencent à tricher, quand ils ne sont pas à fond.

 

Pour des raisons financières, vous cumulerez les casquettes d’entraîneur de l’équipe-fanion et des juniors-élites. Cela fait beaucoup de lièvres à courir, non?

Ajoie a un fort potentiel en joueurs nés en 1986. Je peux les amener jusqu’au niveau de la LNB. En cas de conflit de date entre les matches des élites et de la LNB, Nénès Aubry dirigera les jeunes. A mes côtés, je pourrai aussi compter sur Dan Laperrière et Marc Fortier. Ils seront mes assistants. Le premier encadrera les défenseurs, le second les attaquants. Ils ont mon entière confiance. Le cumul des matches ne m’effraye d’aucune manière. Au Canada, en juniors, un entraîneur peut diriger jusqu’à 100 matches par saison.

 

Au Québec, justement, vous avez contribué à la formation de quelques stars…

J’ai eu des joueurs tels que Jonathan Girard (Boston Bruins), Pascal Dupuis (Minnesota Wild) ou encore Mike Ribeiro, la nouvelle étoile des Canadiens de Montréal, sous mes ordres. En voyant leur réussite en NHL, je comprends mieux tous leurs sacrifices. Cette réflexion m’aide dans ma propre carrière. Sur le plan psychologique, Guerne et Barras ne sont pas très différents de Ribeiro. Ce genre de joueurs aime la vie. Avec eux, il faut savoir donner pour obtenir leur meilleur en retour. Tout est question de respect. Je trouve qu’il existe de nombreux points communs entre les mentalités ajoulote et québécoise.

 

Pierre Vachon, votre contingent est-il définitivement bouclé?

Oui, à moins qu’un matin, un mécène se lève de bonne humeur et nous signe un gros chèque! Avec 1,5 millions de francs, notre budget est un des plus petits de la ligue. Nous allons sans doute poursuivre notre collaboration avec Zoug. Un ou l’autre juniors zougois pourraient compléter notre contingent. Nous cherchons aussi un deuxième partenaire en Suisse romande.

 

On a parlé un temps de l’arrivée du vétéran Vincent Léchenne, indésirable au HC Bienne…

Il est plaisant de savoir que Léchenne se montre intéressé à venir terminer sa carrière au HCA. Mais le «timing» n’est pas bon pour lui. A Porrentruy, nous laissons la place aux jeunes. Léchenne ne cadre pas avec cette philosophie. /LK


Pierre Vachon

Date de naissance: 27 octobre 1959. Origine: Montréal. Taille/poides: 1m83/86 kg. Carrière d’entraîneur: coach des moskitos du Canadien de Montréal et des Pee-Wee au tournoi de Québec (1992 et 1993. Entraîneur-assistant en Midget AAA (champion 1994/95), entraîneur-assistant en juniors (champion 1997/98). Depuis 1998, entraîneur des novices, juniors-élites et entraîneur-assistant de la première équipe au HCA. Préparateur physique de la première équipe. Entraîneur dans la filière sports-études. Depuis mars 2004, entraîneur de la première équipe du HCA.

 

Par Laurent Kleisl - Publié dans : Top Hockey
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Jeudi 9 septembre 2004 4 09 /09 /2004 20:40
COUPE DU MONDE 2004

«J’ai appris à me faire mal»

 

La vie sourit à Vincent Lecavailier. Lauréat de la dernière Coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay, le Québécois de 24 ans a explosé durant la Coupe du monde au point d'en être désigné MVP. Le numéro un du repêchage universel de 1998 a même réussi à impressionner le maître Wayne Gretzky.


Montréal
Laurent Kleisl

La cohue est indescriptible dans le vestiaire de l’équipe du Canada. Les micros volent, les caméras s’agitent, les stylos s’emballent. Centre d’intérêt des médias nord-américains, Vincent Lecavalier tente de canaliser un dense flot de questions. D’un coup net, il s’arrête. Un silence. Wayne Gretzky vient de traverser la «chambre». «Je ne m’y ferai jamais...» sourit le No 4 au maillot unifolié.  Vincent Lecavalier est un fan de hockey qui s’amuse avec les plus grands. De joyau offensif, il a appris les sacrifices qui mènent aux grandes victoires. Le calme revenu, il s’est confié à Top Hockey.

 

Vincent Lecavalier, avez-vous déjà paradé dans votre ville d’origine avec la Coupe Stanley?

Je l’ai eue à ma disposition les 7 et 8 août. Dans mon village, à l’Île-Bizar, nous avons fêté pendant deux jours. C’était la première fois que la Coupe arrivait jusqu’à l’Île-Bizar (n.d.l.r.: dans la région montréalaise). Pensez donc, tous ces moments ont été extraordinaires.

 

La Coupe Stanley, la grande équipe du Canada, la Coupe du monde: avez-vous rêvé un jour d’une telle saison?

Il me sera difficile de faire mieux (rires)! Gagner la Coupe Stanley, c’est incroyable. Toute sa vie, un joueur travaillera pour atteindre cet objectif. Moi, à seulement 24 ans, je l’ai déjà remportée. Et enchaîner avec la Coupe du monde juste après, c’est vraiment le fun! Cette expérience-là est d’autant plus incroyable que je n’avais pas été nommé, au début, dans la première liste de l’équipe du Canada. Je n’ai remplacé Steve Yzerman qu’au pied levé.

 

Dans le vestiaire canadien, il y a un certain Jarome Iginla, l’étoile des Calgary Flames. Avez-vous abordé le sujet de la finale de la Coupe Stanley avec lui?

Une seule fois, nous en avons touché un mot. En fait, c’est surtout moi qui n’ai pas envie de trop en parler. Avec le Canada, nous sommes coéquipiers. Jarome pourrait croire que je le provoque.

En bon Québécois, quelles ont été vos impressions lors de votre première intrusion au Centre Bell, avec l'équipe du Canada, dans le mythique vestiaire du Canadien de Montréal?

J’ai ressenti quelque chose de très fort. Il y a tellement de tradition au Canadien de Montréal. Dans ce vestiaire, il y a toutes les photos des grands joueurs qui ont fait l’histoire du club, les Jacques Plante, Maurice Richard, Jean Béliveau… Les listes de tous les trophées individuels et de toutes les Coupe Stanley qu’ils ont remportés sont gravées sur les murs. Il y a énormément de souvenirs dans cette chambre-là. J’avoue que ma première entrée a été vraiment spéciale. Une grande émotion…

 

A 24 ans, jouer avec Mario Lemieux, dans le Canada bâti par Wayne Gretzky, c’est pas mal non plus!

Je n’avais jamais rencontré Mario Lemieux avant. C’est un homme extraordinaire. Jouer avec, faire des passes avec lui sur la glace, c’est un rêve d’enfant qui se réalise. Quand il a commencé sa carrière dans la Ligue nationale, j’avais à peine quatre ans…

 

Contre les Américains, lors du premier match de la Coupe du monde, Mario Lemieux a lancé les gants face à Steve Konowalchuk. Etonnant, non?

Martin Brodeur, notre gardien de but, venait d’être attaqué à plusieurs reprises. Mario  a juste voulu le protéger, même si ce n’est pas son rôle de tomber les gants. Cette action a une nouvelle fois prouvé que Mario Lemieux est un grand leader. Dès cet instant, nous avons su qu’il serait là, avec nous, dans n’importe quelle situation. Quand le capitaine fait de genre de chose, surtout quand il a pour nom Mario Lemieux, chaque joueur le suit d’instinct.

 

Ces derniers mois, votre jeu a évolué. N’a-t-il pas pris une dimension plus physique, plus défensive?

Mes premières présences sur la glace sont devenues primordiales, car elles conditionnent l’ensemble du jeu que je vais présenter. A ma première entrée, j’essaie de donner une ou deux bonnes mises en échec pour montrer à l’adversaire que je suis là, que cela ne sera pas une partie de plaisir pour lui. Je reste beaucoup plus dans le match lorsque joue physiquement. En continuant de travailler de cette manière, j’essaie de poursuivre avec le comportement que j’ai adopté durant les dernières séries de NHL.

 

Cela marche-t-il à tous les coups?

Non, pas encore! (rires) Avant la Coupe du monde, je n’ai pas aimé mon jeu lors de la dernière rencontre de préparation avec le Canada (n.d.l.r.: match nul 2-2 face à la Slovaquie). Je n’étais pas dedans en première période, ni par la suite d’ailleurs. Je ne «frottais» personne. J’avais la sale impression de faire du patinage artistique.

 

Pour vous, 2004 semble être l’année de la maturité. Qu’est-ce qui a fondamentalement changé dans votre état d’esprit?

Lorsque l’on va très loin dans les séries éliminatoires, cela modifie sa façon d’être, sa façon d’aborder les matches. Les séries, c’est deux mois où il faut continuellement rester au sommet. Mentalement, il ne faut penser qu’au hockey. La tête doit suivre à tous les soirs. En deux mois à ce régime, un joueur grandit, il mature, il apprend à jouer avec l’intensité nécessaire pour que tout se déroule comme il l’entend. Durant la saison, on peut se permettre d’avoir des hauts et des bas, mais pas en séries. J’ai appris à me faire mal, j’ai appris à vraiment jouer au hockey. En séries, votre corps a mal, qu’il souffre, il faut continuer sur le même rythme. En  Coupe du monde, j’ai essayé de jouer avec cet état d’esprit. En définitive, le but ultime, c’est toujours de gagner.

 

Entre votre succès en Coupe Stanley et la Coupe du monde, les vacances ont été courtes!

jouer avec Mario Lemieux et Joe Sakic, cela motive énormément, cela pousse à encore élever son niveau de jeu. Tout de suite recommencer, avec l’intensité de la World Cup, c’est vrai, cela n’a pas été facile. Les cinq ou six premiers jours de camp d’entraînement avec le Canada, j’ai souffert. En fait, cette année, je n’ai pas eu de vacances!

 

En cas de grève, vous pourrez en prendre, à moins que vous n’ayez d’autres projets…

En cas de grève en NHL (n.d.l.r. : à la clôture de la rédaction, le «lock-out» n’avait été prononcé), je me rendrai à Tampa pour travailler avec l’équipe. Avec Brad Richards, Martin Saint-Louis et quelques autres, on va se retrouver une dizaine de gars en Floride. Là-bas, nous allons nous entraîner en attendant de voir ce qui se passe dans la Ligue.

 

Entretenez-vous des contacts en Europe?

J’ai parlé avec plusieurs équipes…

 

En Suisse, peut-être?

Non, j’ai discuté avec aucun club suisse. En Suisse, il y a assurément une bonne ligue. Mais les Tchèques, les Suédois et les Finlandais ont des championnats de haut niveau. Si je viens en Europe, je choisirai une compétition relevée. En réalité, je ne me suis pas encore penché sur la question. Avec la Coupe Stanley et la Coupe de monde, j’avais tellement d’autres choses en tête... /LK

 


Wayne Gretzky, ce fin nez

 
Vinny par-ci, Vinny par-là: lorsque Wayne Gretzky évoque Vincent Lecavalier, il est d’une douceur paternelle. Pour cause, Vinny, c’est la surprise du chef. Dans un premier temps, l’attaquant du Lightning n’avait pas trouvé grâce aux yeux du directeur exécutif de l’équipe du Canada. «Je n’ai pas pu attendre la finale de la Coupe Stanley pour donner ma sélection», admet Wayne Gretzky. Survint un forfait, conséquent, de dernière minute. Blessé et hors de forme, Steve Yzerman jette l’éponge. «Yzerman est mon idole de jeunesse, coupe Vincent Lecavalier. Il est magnifique à voir jouer. J’espère qu’il va encore continuer quelques saisons en NHL.»

Le 11 juillet, le prodige de Tampa apprend sa sélection de la bouche de la Merveille. «Vinny s’est construit son chemin jusqu’à l’équipe du Canada, reprend The Great One. Durant les séries, il est devenu meilleur match après match. Lorsque je l’ai contacté, je lui ai rappelé qu’en 2002, aux Jeux de Salt Lake City, Jarome Iginla n’était arrivé qu’en cours de route. Je l’avais appelé à minuit. Il avait quitté Edmonton à 3 heures du matin et était sur la glace de Salt Lake City le soir même. Jarome est venu, il a joué un super hockey et a gagné la médaille d’or.» Vincent Lecavalier a plutôt bien capté le message. Sous le maillot unifolié, il patine en leader aux côté de Ryan Smyth (Edmonton Oilers) et Dany Heatley (Atlanta Thrashers). Un trio de choc, sans doute le plus stable à disposition du coach Pat Quinn. /lk

 

                     

Vincent Lecavalier

Surnoms: «Vinny», «Vince»

Né le: 21 avril 1980 à l’Île-Bizar, Québec, Canada

Etat civil: célibataire

Taille/poids: 1m93 pour 93 kg

Position: centre

Draft: repêché en 1998 en 1er choix (1re ronde) par les Tampa Bay Lightning (devant, notamment, Alex Tanguay No 12, Simon Gagné No 22, Scott Gomez No 27, Brad Richards No 64 ou encore Pavel Datsyuk No 171)

Sur le web: www.vincentlecavalier.com

Par Laurent Kleisl - Publié dans : Top Hockey
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Jeudi 7 octobre 2004 4 07 /10 /2004 10:29

EV ZOUG

Zoug à l’aube d’une ère nouvelle

Au Herti, les attentes sont grandes, la pression énorme. L’attaquant Frédéric Rothen (28 ans) et le défenseur Gaëtan Voisard (31 ans), de purs produits ajoulots, y sont devenus des éléments d’importance. Enfants de Fontenais, à un saut de puce de Porrentruy, ils reviennent sur l’histoire récente de l’EVZ.

Laurent Kleisl

«Gaëtan, c’est l’idole ma jeunesse! Nous avons presque grandi ensemble.»
Hilare, Frédéric Rothen. Du Voisard jeune hockeyeur, «Fredy» a gardé le souvenir de l’exemple à suivre. «A l’époque, c’était lui le plus fort des jeunes au HC Ajoie.» En 2002, lorsque Gaëtan Voisard, indésirable à Lugano, s’est engagé avec le club du Herti, c’est le hasard du hockey-business qui les a réunis.


En quatre saisons sous le maillot zougois, Frédéric Rothen a vécu un peu de tout. C’est qu’au Herti, depuis le titre de 1998, plusieurs révolutions ont ébranlé la vétuste arène. «Le président, le comité, le manager, presque toute la direction a changé, relève-t-il. En engageant Sean Simpson pour trois ans, le club a misé sur le long terme.» Apprécié, le coach zougois, débarqué d’Allemagne en 2003, a la respect de ses ouailles. «Simpson a donné un bon coup de balais, glisse Voisard. Un vent frais souffle à tous les niveaux. On sent que Simpson a de la poigne. Zoug sera une des places fortes de LNA ces prochaines années.»

La saison de la honte

 

Pour Gaëtan Voisard, ce renouveau suinte d’une sueur singulière. En 2002, lorsque le défenseur a posé son sac en Suisse centrale, Zoug était au fond du trou. «Je venais de fêter la promotion en LNA avec Genève Servette, se remémore-t-il. Avant, avec Berne et Lugano, j’avais toujours joué dans des équipes de pointe. J’avais été épargné par les problèmes.»

 

La saison 2002/03 fut la plus infecte vécue au Herti depuis la promotion en LNA, en 1987. Le duo Doug Mason/Richmond Gosselin éjecté, le pompier Serge Pelletier éteignait l’incendie avant l’arrivée de Simpson. Au terme du calvaire 2002/03, le Québécois laissait le EVZ au 10e rang. Un demi-exploit. «Une telle catastrophe, poursuit Voisard, je ne la souhaite à personne. Durant cette saison, j’ai appris, j’ai progressé personnellement. Devenir père de famille, aussi, cela donne d’autres responsabilités.» Cette année de la honte, Frédéric Rothen l’a effacée de sa mémoire, ou presque. «Un assistant comme Gosselin, on aurait dû le garder, confie-t-il. Il était apprécié tant pour son travail que pour ses qualités humaines.» Comme une tache sur une vitre encrassée, le «Kid» a été effacé au moment du grand ménage.


Depuis, la flamme s’est rallumée.
Zoug a réappris à vibrer pour son équipe de hockey. «La saison passée était une transition, enchaîne Voisard. Notre excellent quart de finale face à Berne a déclenché une certaine euphorie auprès du public et des sponsors. Nous devons confirmer ces bonnes dispositions, car l’équipe, actuellement, a un tout autre potentiel.» Frédéric Rothen corrobore: «Les attentes sont grandes. Un club qui engage Petrov, Kapanen, Weibel, Della Rossa et Crameri doit réaliser quelque chose.» Zoug se réveille à l’aube d’une nouvelle ère.

 

Malgré ces transferts de choc, l’entrée dans la saison a été sage. «Nous devons trouver de la constance», admet Voisard. Au cœur de l’offensive, Rothen travaille souvent aux côtés d’Oleg Petrov et Niko Kapanen. «Ils vont tellement vite, c’est fatigant, rigole-t-il. Eux, ils font ce qu’ils veulent. Moi, je dois aller chercher les pucks et donner des checks. Oleg et Niko sont de superbes joueurs.»

En fin de contrat

 

Zoug, Rothen et Voisard apprécient. En plus, pour les deux Ajoulots, les attaches du cœur sont en Suisse allemande. Voisard à Rapperswil, Rothen à Zurich, ils ont trouvé la moitié qui rassure. Au printemps prochain, pourtant, les chemins des deux compères pourraient arpenter des reliefs différents. En langage administratif, on parle de fin de contrat. «J’aime Zoug pour la qualité de vie et pour l’organisation du club, commente Voisard. J’y resterais volontiers. Mais je suis aussi ouvert à un nouveau défi. Cela doit venir de mon caractère vagabond.» Et Rothen d’avouer sans artifice: «J’aimerais rester à Zoug, je m’y sens bien. J’ai perdu la saison passée faute à une blessure aux adducteurs. Pour séduire les dirigeants, je dois faire une bon championnat.» En symbiose avec son équipe.


Il reste bien quelques passages nuageux, ci et là, mais le soleil a retrouvé le chemin du Herti. Que demander de plus! «C’est vrai, j’ai la belle vie, soupire Rothen. Dans mon enfance, je n’avais jamais osé rêver d’une vie aussi belle...» Comme conclusion, on a déjà vu plus sombre. /LK



Voisard: «La philosophie de Krueger 
n’est pas la bonne»


L’équipe nationale, Frédéric Rothen et Gaëtan Voisard y ont goûté. Parfois avec délectation, parfois avec dédain. Sur sa fiche, «Fredy» avoue 52 sélections. Joli! A 20 ans, il participait à ses premiers Mondiaux. C’était en 1996 dans le groupe B, à Eindhoven. Avec l’arrivée de Raph Krueger, Rothen a été coupé à plusieurs reprises peu avant le grand départ. «Certaines fois, c’était justifié, d’autres fois, je pensais mériter ma sélection.» Joueur installé de LNA, il manque à Rothen la petite étincelle qui illumine le regard de Krueger. «Avec le temps, j’espérais que ce petit truc allait venir. D’ailleurs, j’espère toujours! Mon objectif est de participer aux Jeux olympiques de Turin en 2006. Il ne me reste plus beaucoup de temps, car une fois que l’on n’est plus dans les papiers du sélectionneur, c’est très difficile d’y revenir.»

La cas de Gaëtan Voisard est plus limpide. «Cela fait longtemps que je ne pense plus à la Nati», coupe le défenseur aux 38 sélections. Son dernier cap? Au printemps 2000. Alors que Krueger comptait sur lui pour la campagne de Russie, Voisard, la paternité imminente, avait retourné l’invitation. «A mon sens, la philosophie de Krueger n’est pas la bonne, commente-t-il. Pour des Mondiaux, un sélectionneur ne devrait prendre que les meilleurs joueurs du moment, ceux qui ont le feu. Les championnats du monde 2004, on les joue en 2004 et non en préparant les JO 2006!» En voilà un qui a la certitude, maintenant, de ne pas être du voyage en Autriche… /lk

 

Gaëtan Voisard
Né le: 13 avril 1973.
Taille/poids: 180 cm/85 kg.
Etat civil: marié, père de Luana (4 ans) et Ewen (2 ans). «Les enfants me prennent beaucoup d’énergie, mais ils m’en donnent aussi énormément.»

Poste: défenseur.
Sa carrière: Ajoie (jusqu’en 1993), Berne (1993-1998), Lugano (1998-2002), Genève Servette (LNB, 2002), Zoug (depuis 2002). Deux titres de champion de Suisse (avec Berne en 1997 et Lugano en 1999). Sa meilleure saison comptable: 1996/97 avec Berne (8 buts et 24 assists en 58 matches). 38 sélections en équipe nationale (participation aux Mondiaux B 1996 à Eindhoven, aux Mondiaux B 1997 à Kattowice/Sosnowiec en Pologne et au tournoi pré-olympique 1997 à Oberhausen, en Allemagne). Dernière sélection: le 17 avril 2000 face à la République tchèque.


Frédéric Rothen
Né le: 26 janvier 1976.
Taille/poids: 180 cm/83 kg.
Etat civil: marié depuis cet été, sans enfant. «On y travaille...»
Poste: attaquant.
Sa carrière: Ajoie (jusqu’en 1995), Kloten (1995-1999), Davos (1999-2001), Zoug (depuis 2001). Un titre de champion de Suisse (Kloten en 1996). Sa meilleure saison comptable: 1996/97 avec Kloten (10 buts et 19 assists en 50 matches). 52 sélections en équipe nationale (participation aux Mondiaux B 1996 à Eindhoven et au tournoi pré-olympique 1997 à Oberhausen, en Allemagne). Dernière sélection: le 14 décembre 2002 face à l’Autriche.

Par Laurent Kleisl - Publié dans : Top Hockey
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