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Coupe Spengler 2005

Samedi 31 décembre 2005 6 31 /12 /Déc /2005 11:02
HOCKEY SUR GLACE | Coupe Spengler: la reconversion réussie de Dino Kessler

«Ecrire me procure du plaisir»

Vingt saisons durant, Dino Kessler (39 ans) a cassé les gars d'en face. Défenseur agressif, souvent à la limite, l'ancien international a pris sa retraite sportive il y a quelques mois. Sa nouvelle vie ? Journaliste au Blick.

De Davos
Laurent Kleisl

«Dino Dynamite». Un tir, terrible, surpuissant. Une présence, physique, hargneuse. Le défenseur type des années 90. Depuis le printemps dernier, tout ça, c'est terminé. «Je suis apprenti journaliste, précise Dino Kessler. Pour moi, chaque article est une nouvelle expérience.»

Durant la campagne 2004/05, il devait aider le HC Bâle à reconquérir la LNA. Finalement, il ne jouera que huit matches. Une blessure à une épaule, un genou en compote, c'en est fini d'une carrière commencée en 1985 à Coire, sa ville natale, un chemin riche de 777 sorties en ligue nationale. «Avant même le début de la saison, j'avais décidé d'arrêter, confie-t-il. A l'intérieur, j'étais vide. Je ne ressentais plus aucune émotion. Je ne jouais pas, je travaillais.»

Des portes qui s'ouvrent

Sa longue absence, l'hiver passé, lui a ouvert les portes de la Basler Zeitung. Un papier, puis un autre. «J'ai toujours eu beaucoup d'intérêt pour le journalisme, explique l'homme aux 10 années passées à Zoug. Pour moi, écrire c'est comme jouer au hockey, c'est quelque chose de naturel, quelque chose qui procure du plaisir. Je suis un homme chanceux, j'ai toujours pu vivre de mes passions.»

Début novembre, le Grison lançait véritablement sa carrière de plumitif. Au sein de la rédaction du quotidien zurichois Blick, il est en formation sous la houlette de quelques faiseurs et «défaiseurs» d'étoiles. «Mon nom m'a surtout servi à ouvrir des portes, avoue Kessler. Mais ensuite, il faut assumer.»

Sa vie d'ancien professionnel de la rondelle lui confère un statut particulier. Son regard est celui de la glace. Et parfois, le Bruce Willis grison se lâche. Notamment à l'arrivée de Juhanni Tamminen à la bande des ZSC Lions, Kessler s'est montré particulièrement piquant. «J'ai écrit qu'il était colérique. Je l'ai connu comme entraîneur avec l'équipe de Suisse. Je me suis basé sur mon impression de l'époque. On peut critiquer quelqu'un sans forcément le pulvériser.»

«J'étais stupide»

Homme posé au charisme doux, Kessler, mieux que quiconque, sent quand le puck ne tourne pas rond. «Les joueurs qui disent ne pas lire les journaux cherchent seulement à se protéger, coupe-t-il. Un sportif est un être particulièrement sensible.» Au sommet de son art, canne en mains, il n'était pas vraiment du genre... sensible. «J'étais stupide!» Il étaie, au prix d'une anecdote dont il n'est pas fier. «C'était en 2002, lors d'un entraînement avec Genève Servette, se remémore-t-il. J'avais donné un gros coup de canne dans le dos de Patrice Brasey. Il s'est effondré dans les buts. Quand il s'est relevé, il m'a violemment insulté.» Ce souvenir, il ne l'a pas effacé. «Patrice avait raison. D'ailleurs, ma femme disait que quand je mettais mon casque, elle ne me reconnaissait pas. Sur la glace, certaines fois, j'étais fou...»

Des Mondiaux, des Jeux olympiques, 79 sélections en équipe de Suisse, un titre national avec Zoug: quoi qu'il en pense, Kessler inspire le respect, tant dans les vestiaires qu'en salle de presse. Mais son parcours, il le regarde, déjà, avec l'œil du journaliste. «J'aurais dû travailler davantage. Je n'avais pas la volonté de me faire mal, comme les jeunes le font aujourd'hui. J'ai très vite été satisfait de moi-même. J'évoquais facilement une blessure pour décliner une invitation en équipe nationale. Maintenant, ils se battent pour y aller. En fait, c'est toute ma génération qui était comme ça...»

Aujourd'hui, Dino regarde devant. Chaque jour, il apprend, épanoui qu'il est dans son nouveau métier. Le bémol ? «Avec ma retraite sportive, mon épouse espérait une nouvelle vie, avec des week-ends à la maison.» C'est raté. L. K.
Par Laurent Kleisl - Publié dans : Coupe Spengler 2005
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Vendredi 30 décembre 2005 5 30 /12 /Déc /2005 11:11
EISBÄREN BERLIN | Un destin continental

Le début d'une nouvelle ère

De l'ex-Allemagne de l'Est à la Coupe Spengler, les Eisbären Berlin, sèchement secoués hier par le Team Canada, vivent une profonde mutation.


«Notre nouvelle arène devrait ouvrir ses portes en 2008, lance fièrement Pierre Pagé, l'entraîneur-chef des champions de DEL. Elle comptera 16 500 sièges et se dressera sur l'ancien tracé du mur de Berlin.» Sise dans la partie orientale de la capitale allemande, la vétuste «Eissporthalle im Sportforum» est un vestige encore bien vivant de l'ex-RDA. La nouvelle réalisation promet d'être étincelante. «Les partisans pourront même y venir en bateau», sourit Pagé.

Ces grands travaux portent un sceau américain. Avec les Hambourg Freezers, les Ours Polaires de Berlin sont les seuls rescapés du groupe Anschutz en Europe. Sympa, l'oncle Phil d'Amérique! Ces derniers mois, le Sparta Prague, les London Knights et, plus proche de nous, Genève Servette ont été cédés à d'autres. La construction de la nouvelle salle multifonctions berlinoise s'inscrit très directement dans les vues continentales du club. «Notre but est clair, coupe Pagé. Nous voulons devenir une des meilleures organisations en Europe.»

Privé de finale

Figure emblématique du Hockey canadien, le Québécois de 57 ans porte le projet depuis maintenant quatre ans. Une année de contrat figure encore à son programme. Pagé travaille main dans la main avec le manager Peter-John Lee, adjoint de Ralph Krueger à ses moments perdus. «Chaque année, notre équipe est meilleure et plus jeune, poursuit Pagé. Malheureusement, notre titre de champion d'Allemagne ne nous ouvre pas les portes de l'European Cup...» Frustré?

Ce printemps, la relégation allemande dans le groupe B mondial a propulsé la Suisse dans le «top-6» européen, éjectant au passage le champion de DEL de la finale continentale. Ainsi, dès le 5 janvier, Davos défendra les couleurs helvétiques, à Saint-Pétersbourg, dans le cadre de la Ligue des champions version Hockey. «Dans le fond, reprend Pagé, pour nous, la Coupe Spengler est comme une finale européenne. Nous avons le champion d'Allemagne, le champion de Suisse et l'actuel leader du championnat de Russie.»

Dès lors, la rencontre Davos - Eisbären Berlin de ce soir aura un petit goût de revanche. La conclusion de Pagé: «Nous ne sommes pas venus à Davos pour jouer, mais pour gagner.» Un Del Curto averti... L. K.
Par Laurent Kleisl - Publié dans : Coupe Spengler 2005
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Vendredi 30 décembre 2005 5 30 /12 /Déc /2005 11:07
HOCKEY SUR GLACE | Coupe Spengler: dans le vestiaire du champion de Suisse

Josef Marha, l'antistar davosienne

Davosien depuis 2001, Josef Marha tranche dans le milieu. Humble et discret, le Tchèque est le métronome du champion de Suisse en titre. Dans le système d'Arno Del Curto, son rôle est aussi essentiel que celui dévolu à Reto von Arx.

De Davos
Laurent Kleisl

Il y a deux jours, au «Eisstadion». Les Davosiens sortent de la glace. Quelques instants plus tôt, Reto von Arx inscrivait le 4-1 dans la cage désertée de Metallurg Magnitogorsk. «Ralph Krueger, hast du das gesehen», provoque le kop. Nous sommes mercredi en fin d'après-midi.

Dans la garde-robe flambant neuve des Grisons, une poignée de reporters tchèques s'affèrent autour de Josef Marha. Un des plumitifs de l'Est a même l'outrecuidance de poser son séant sur la place allouée à Reto von Arx, le patron. Amusé, le talent boudé par Krueger se met à chanter: «Marha, Josef Marha, lala lala!» A Brett Hauer, puis au vestiaire, de reprendre en chœur. «J'ai connu Reto en 2000 à Chicago, sourit Marha. Il était totalement perdu, il demandait sans cesse mon aide. C'est véridique. Et je tiens à ce que vous l'écriviez!»

Rencontre américaine

Après avoir emmanché la saison 2000/01 en NHL avec les Blackhawks, les deux hommes avaient été rétrogradés, en couple, en ligue mineure, aux Norfolk Admirals. Depuis, ils sont voisins de casier. «Nous sommes devenus de grands amis, confie Marha. On s'appelle souvent.» Comme Reto von Arx, le Tchèque de 29 ans est Grison depuis son retour sur le Vieux-Continent. Derrière lui, il a laissé 159 matches et 53 points en NHL, avec Colorado, Anaheim et Chicago. «C'est vrai, c'est déjà ma cinquième saison ici, souffle-t-il. Mon fils est né à Davos...» Le bon plan: un futur «import» à licence suisse. «Ah non, il ne jouera pas au Hockey! Il fera du tennis, du golf, tout ce qu'il veut, mais pas de Hockey!» Compris.

Cette fidélité, rare, ne porte qu'un nom: équipe. Marha vit pour elle. «L'équipe, l'entraîneur, le groupe que nous formons, c'est un tout. A Davos, chacun se bat pour les autres. C'est un pour tous et tous pour un.» Il s'arrête. Réfléchit. Se lance. «Je pense que c'est pour cette raison que je suis ici depuis cinq saisons.» Et le coach? «Quel coach! Del Curto est un type spécial, il vit dans son monde. C'est un passionné qui exige que tout soit toujours parfait. C'est grand de travailler avec quelqu'un qui a cet état d'esprit, même si parfois, tout n'est pas parfait...»

Dans le milieu de la rondelle, où les têtes gonflent, où les torses se bombent, Marha est hors norme, hors époque. Il est humain. Il est le Josef de Prague. «Dans le vestiaire, j'aime bien discuter. Mais en dehors du Hockey, je suis plutôt calme, voire timide. J'apprécie beaucoup le temps passé en famille.»

Le puck du titre

Il ne le chante pas. Presque, il le cache. Mais le printemps dernier, c'est lui qui a offert le titre national à Davos. Alors que Joe Thornton, Rick Nash et Niklas Hagman monopolisaient l'attention, Marha le discret signait le but du sacre. Dans la quatrième manche face aux ZSC Lions, en prolongation, la star oubliée a effacé les cracks de NHL.

«Non, non et non, je ne suis pas ce genre d'homme, marque-t-il fermement. Je n'ai pas cette mentalité de star. Je suis un joueur qui pense autant à attaquer qu'à défendre, qui aime se sacrifier pour l'équipe. La victoire me suffit. C'est mon plus beau salaire.» En ouverture de Coupe Spengler, Marha a explosé le Sparta Prague à lui tout seul. Trois buts et un assist: ses compatriotes l'ont avalé de travers.

Les qualités humaines et sportives du Tchèque sont reconnues, loin, très loin à la ronde. De retour en NHL, l'étoile Joe Thornton a tenté d'intéresser les Boston Bruins, son ancienne franchise, à cet homme de l'ombre. «J'ai aussi entendu parler de ça, que quelqu'un offrait quelque chose à quelqu'un d'autre...» Marha sourit. Il se marre, même. «La NHL? On ne sait jamais. J'ai déjà signé à Davos pour la saison prochaine. Ici, je suis bien.» Sur la glace, cela se sent. L. K.
Par Laurent Kleisl - Publié dans : Coupe Spengler 2005
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Jeudi 29 décembre 2005 4 29 /12 /Déc /2005 11:26
DAVOS EXPRESS

Schläpfer pense à ses vieux jours

A 36 ans, Kevin Schläpfer ne se voile pas la face. La saison en cours sera sans doute la dernière de l'attaquant du CP Langenthal. «Mon contrat porte pourtant jusqu'en 2007, glisse l'ancien joueur du HC Bienne, actuellement en villégiature davosienne. Je me sens en forme, mais on m'a surtout fait d'intéressantes offres pour la suite de ma carrière professionnelle.» A Davos, il se susurre que le Rhénan pourrait rebondir au HC Bâle, en qualité d'assistant de Kent Ruhnke. «C'est une possibilité, confirme l'ancien ‹Hockeygott› du Stade de Glace. J'ai connu Ruhnke comme entraîneur à Olten.» Zoug lui aurait également proposé une place dans son mouvement juniors. «Durant mes années à Bienne, j'ai profité de passer mes diplômes d'entraîneur à Macolin.» Et d'ajouter: «A mon âge, il ne faut pas manquer les opportunités de reconversion. Les dirigeants de Langenthal sont au courant de mes projets.» Dès lors, bon vent ! (lk)

Le démenti de Loïc Burkhalter

La prochaine adresse de Loïc Burkhalter est le sujet de discussions No  1 dans les coulisses de la Coupe Spengler. En fin de contrat chez les Tigres de Langnau, le Chaux-de-Fonnier de 25 ans est annoncé aux ZSC Lions dans la presse alémanique du jour. «Non, je n'ai absolument rien signé à Zurich, dément-il fermement. C'est vrai, le club du Hallenstadion m'a fait une proposition intéressante. Mais maintenant, ma tête est à la Coupe Spengler. Je déciderai de mon avenir durant la première semaine de janvier. Et cette saison, je vais le terminer à Langnau, c'est certain.» Coach davosien, Arno Del Curto ne cache pas son envie de prendre son renfort suisse de fin d'année sous contrat. Un homme désiré, Burkhalter... (lk)

Pierre Pagé dans ses œuvres

Une fois lancé, il est très difficile d'arrêter Pierre Pagé ! L'entraîneur des Eisbären Berlin, véritable institution au Québec, est un amoureux du Hockey dans toute sa splendeur. Interrogé sur les bienfaits de la tolérance zéro, dont il est un défenseur convaincu, Pagé s'est emporté dans une tirade enflammée. «Le Hockey est le plus beau sport du monde. C'est un spectacle incroyable, un jeu rapide, technique, qui demande de grandes qualités. La télévision est une lucarne bien trop petite pour en reproduire toute l'émotion.» Philippe Ducarroz et Chrisophe Cerf, les commentateurs dépêchés à Davos par la TSR, apprécieront. (lk)
Par Laurent Kleisl - Publié dans : Coupe Spengler 2005
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